ACTE m
I;irge, ei il n'est besoin poiii' eii jouir de chasser pertonne-
ANTOKIO.
No jonnns pas avec cette comparaison. 11 est beaiuoup â.e choses en ce monde que l'on cède, cpie l'on LOmmimiipie avoc plaisir aux antres; mais il est un trôsor qu'on n'.ihandoniie volonlicrs qu'an mérite éminenl; il eu est nn autre qu'on ne partage jamais de bon ^ré, même avec le plus digne. Veux-tu les counaitre tous deux? C'est une branche de laurier; c'est la laveur des femmes.
LÉONOP.E.
La couronne placée sur la tète de notre jeune poëfe a-L-elle donc déplu à Thomnie grave? Tu n'auiais pu trouver toimême un plus modeste salaire de ses elïorts et de son bel ouvrage. Pour un talent qui n'a rien de terrestre, qui plane dans l'esjiace et voltige autour de notre âme comme un son aérien, comme une forme légère, la récompense doit n'être aussi qu'un signe, qu'un gracieux emblème ; et, quand lui-même touche à peine à la terre, son noble prix doit à peine toucher son iront. Un rameau stérile est le don qu'il reçoit de la tendresse stérile de son adorateur, qui acquitte ainsi sans peine une dette sacrée. Tu envies à l'image du martyr l'auréole d'or qui couvre sa tète chauve? Crois-moi, la couronne de lauriei", sur le front où tu l'as vue, est le gage de la souffrance bien plus que du bonheur
ANTONIO
Ta bouche charmante veut-eile donc m'instruire à mépriser les vanités du monde?
LÉONORE
Je n'ai pas besoin de t' enseigner à apprécier chaque chose selon sa juste valeur. Il semble, cependant, que le sage ait parfois besoin, tout comme un autre, qu'on lui montre sous leur vrai jour les biens qu'il possède. Noble Antonio, iras-tu donc courir après un vain fantôme de grâce et d'honneur? Les services par lesquels tu t'attaches à ton prince, par lesquels tu t'attaches à toi-même tes amis, sçiit réels, elfî' caces, la récompense doit de même être réelle et efficace.
Ton laurier, c'est li confiance de ton niiiitre, fardeau précieux qui repose loiit entier sur tes épaules, mais sans l'acca* bler; ta gloire, c'est l'estime publique.
ANTONIO
Et ne me dis-tu rien de la faveur des femmes? Tu ne veux pourtant pas, je pense, que je la regarde comme siiperÛue.
LÉONORE
Que veux-tu dire par là, si cette faveur ne t'est pas refusée? Il te serait plus aisé du moins de t'en passer qu'à ce jeune homme. Que servirait, dis-moi, à une femme de vouloir user envers toi de soins à sa manière, de penser à s'employer pour toi ? Chez toi tout est sûr et réglé. Tu songes à toi-même comme tu songes aux antres, et tu as ce qu'on pourrait t'offrir. Mais le Tasse ! il nous occupe à des choses qui sont de notre domaine; il a mille de ces petits besoins qu'une femme se donne volontiers la peine de surveiller. Il aime à porter le plus beau linge, un vêtement de soie orné de quelques broderies. Il aime la parure ; bien plus, il ne peut soulfrir sur son corps délicat l'étofie gi ossière qui ne sied qu'à un valet : il faut que sa mise lui aille bien, qu'elle soit élégante et noble. M.iis il n'est pas ca|iable de se procurer tous ces agréments, ni de les conserver quand il les a : il manque toujours d'argent ou de soin. Il laisse ici une pièce de son ajustement, plus loin c'en <st une autre : il ne revient jiimaisd'un voyage sans avoir perdu un bon tiers de ce qu'il a emporté. Puis c'est un serviieui ipii le vole. Tu vois, Antonio, uu'on a toute l'aïuiée à s'ot cnper de lui.
ANTONIO
Et cette perp luclle sollicitude le fait chérir toujours da* vanta;.;e. Henri ox |eime homme, à qui l'o ■ lient compte de son inc.ipacité nuini' d'ime vertu, et doni le sort est >i favo rallie, qu'il pe' '..imi hoinme, jouer l'eiil.nit, et se faire enco ;■ lionneui <l ;;iacieii>e faiblesse! Kn vérité, lu devrais m ' Acnser, 1» une, si j'avais laissé pai il le un peu d'Imm III conire I n ne dis pas tout d'ail!' > s. In ne dis pas
ce .ii'il o»<', Il I e-l |ilu> adroit qu on iK pi use. Il se vante
d' voir allui..' double flamme! il noue à la fois et dé-