‹ Théatre de GoetheChapitre 172 sur 382 · ACTE V · texte numérisé non relu

ACTE V

jpeux me laisser aller à mon activité : c'est en m'y livrant que je giu'riiai Ions mes maux. Tu me vois depuis assez longtemps [lour savoir qu'une vie libre et voluptueuse ne me convient pas ; ce qui me repose le moins, c'est le repos. Ce cœur, je le sens, liéla> ! ne fut point fait par la nature pour s'abandonner sur la mer des âges aa mol élément de ces jours de délices.

ALPHOJSSE.

Tous tes sentiments, tous tes efforts, te ramènent bien avant clans toi-même ! Des abîmes nous entourent, que le sor! a creusés; mais le plus profond de tonsest dans notre cœur, et un irrésistible penchant nous y entraîne ! Arrache-toi à toi-même, je t'en conjure! l'homme gagnera ce que perdra le poëte,

Je voudrais vainement contenir cette pression qui, nuit et jour, tourmente mon cœur. Si je ne peux ni penser, ni rêver, la vie n'en est plus une pour moi. Défendras-tu au ver industrieux de fder la soie, lors même que son travail le rapproche incessamment de la mort? C'est de ses entrailles qu'il tire le linceul précieux oij il s'ensevelira, et il ne s'arrête qu'après s'être enfermé dans son cercueil. Oh! puisse un jour quelque dieu favorable nous accorder un sort si digne •d'envie, afin que, pleins de joie, nous déployions nos ailes agiles dans l'espace éclairé par un soleil nouveau!

ALPHOWSE.

Ecoute ! Toi qui sais doubler pour les autres les jouissances de la vie, apprends, je t'en supplie, à les connaître enfin à ton tour. Cette vie ne s'offre-t-elle pas encore à toi, riche de tous ses Irésors? Adieu' plus prompt sera ton retour, et plus tu seras le bienvenu parmi nous.

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