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SCÈNE I LE MARQUIS, puis LAFLEUR

LE ilARQUIS, revêtu d'un babil élégant et se mirant dans une giaca.

Naissance, rang, beauté, qu'est-ce que cela auprès de l'aigent! Combien je rends grâce à la courageuse industrie de ma femme qui a été pour moi une vraie source de biens ! Quelle différence dans ma tournure aujourd'hui que, pour la première fois, je suis vêtu suivant mou rang! Non, je ne puis attendre l'instant où je paraîtrai en public.

11 sonne.

LAFLEUR

Qu'ordonne M. le marquis?

LE MARQniS.

Donne-moi mon écrin.

LAFLEUR l'apporte.

Je n'ai jamais rien porté de si lourd.

LE MARQUIS, pendant qu'il ouvre l'écrin.

Qu'en dis-tu? ces deux montres que j'achetai hier ne sontelles pas belles?

LAFLEDR.

Superbes.

Et cette tabatière?

Riche et précieuse.

Cet anneau ?

C'est encore à vous?

LE HAP.QOIS.

LAFLEUR

LE MARQUIS

LAFLEUR

282 LE GIIAISD COPHTE.

LE MARQUIS

Ces boucles! ce^ lioutoiis f]';icier! tout celn ! en voilà-t-il assez ' Ne me trouves-tu pas élégant et mis en homme de

qualité?

LAFLEUr,.

Vous éclipserez certainement bien du monde à la promenade.

LE MARQUIS

Que cela me rend heureux ' Porter éternellement l'unifornie par nécessité ; être iucessauimeut perdu dans la foule; n'attirer l'atteiition depersonue; j'aurais préféré mourir à vivre plus longleuips de la sorte ! Ma nièce n'est-elle j oint encore levée?

LAFLEUR

Je crois qu'elle l'est à peine; du moins elle n'a pas encore deniaudé le déjeuner. Il me seudjie qu'elle ne s'est endorinie qu'après ijue vous vous êles échappé ce matiu de chez elle.

LE MAKQUIS.

Impettinent! silence!

LAFLEIIR.

Entre nous, je peux bien être vrai.

LE MARQUIS

Si un pareil mot t'échappait en présence de ma femme !

LAFLEUR

Croyez-vous donc que je ne sois pas nlaître de ma langue?

LE «MARQUIS

ïl est impossible que la manpiise soupçonue rien. Elle regarde notre nièce comme une enfant : depuis trois ans elles ne se soni point vues; cependant je crain> que si elle considère cette enfant...

LAFLEUR

Tout irait bien si elle ne connaissait ce vieux sorcier, que je redoute si fort. C'est un prodige que cet homme! il sait tout; ses esprits lui rapportent tout. Miis eomment est -il enlié dans la maison du chanoine? si ce magicien a découvert un iiiiporlant secret, son valet devrait déjà l'avoir divulgué.

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