‹ Théatre de GoetheChapitre 208 sur 382 · I.A MARQUISE · texte numérisé non relu

I.A MARQUISE

Parlez !

LA NIÈCE

Depuis la mort de ma mère le repos et le bonheur ont fui lu in de moi.

LA MARQUISE*

Gomment! (se détournant) serait-il possible? (Haut.) Poursuivez.

LA NIÈCE

Oh! vous allez me haïr, me repousser. Malheureux Jour, où votre bonté même m'accable 1

:.04 LE GRAND GOPHTE.

LA UARQDISE.

Expliquez-vous !

LA MÈCE

Oh i Dieu ! qu'il esl pénible d'avouer ce qu'un instant maudit nous fit envisager comme si doux! Pardonnez-moi de Favoii' trouvé aimable; ah ! qu'il était aimable! c'est le premier homme qui me pressa les mains avec ardeur, dont les yeux cherchèrent les miens, qui nie jura qu'il m'aimait. Et en quel temps? au moment oiî mon cœur, froissé d'une manière inexprimable par la perte la plus cruelle, se fondait en larmes amères, et était devenu si tendre! lorsque dans le monde désert, à travers les nuages de la douleur, je n'apercevais autour de moi qu'absence et chagrin, il me parut alors semblable à un ange; l'homme que j'avais déjà respecté dans mon enfance, il me parut un consolateur, H serra son cœur contre le mien. J'oubliai qu'il ne peut jamais devenir mon époux... qu'il vous appartient... Le voilà dit mon secret! vous détournez de moi votre visage ! haïssez-moi, je le mérite; repoussez-moi; laissez-moi mourir!

Elle sejeltesur un siège.

Li MARQUISE, à part.

Séduite... par mon mari! ces deux faits me surprennent, et viennent mal à propos! remeltons-nous! Loin de moi tout sentiment étroit! la question est de savoir si je ne puis pas mettre aussi à profit cettecirconstance. Sans doute. Oh ! elle sera flésormais bien plus docile, et m'obéira aveuglément, El cette découverte me donne en outre sur mon mari de nouveaux avantages. Pourvu que j'atteigne mon but, tout le reste m'est indifférent! (Haut.) Venez ma nièce. Remettez-vous. Vous êtes une bonne, une digne enfant. Je pardonnne tout. Venez! baissez votre voile : nous allons sortir en voiture; il Êiut vous distraire.

LA NliiCE, se levant Cv -^ jetant an cou ae la marquise.

Chère et excellente tante, que vous me confondez?

Lk JIARQUISE.

Vous trouverez en moi une amie, une confidente ; seule-

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