‹ Théatre de GoetheChapitre 211 sur 382 · UN BIJOUTIER · texte numérisé non relu

UN BIJOUTIER

Quoique nous nous contentions de la somme offerte et que nous acceptions les termes tixés, vous ne vous irriterez pas néanmoins si nous faisons difficulté de vous livrer une pièce -I précieuse sur voire reconnaissance pure et simple. Ce n'est point assurément métiance de notre part, mais pour .otre sûreté dans nue affaire de celte importance.

LE CHANOIINE.

Je ne trouve pas mauvais que vous ne vouliez pas me confier sans |)récautions une si grande valeur. Mais je vous ai déjà dit que je n'achète pas le collier pour moi ; c'est pour une dame qui doit certainement avoir un grand crédit auprès de vous.

DM BIJOUTIER.

Nous nous fions entièrement à votre parole, et désirerions seulement un mot de la main de celle qui nous fait l'honneur de nous acheter.

LE CUANOINE.

Je vous ai déjà dil que cela n'est pas praticable, et vous ordonne de nouveau le secret. Je deviens votre débiteur; mais, pour que vous ne pensiez pas que j'ai agi précipitamment et que je n'ai pas su mettre à couvert vos inlérêts et les

nuens, hsez ceci, (il leur donne un papier et parle à part pendant

qu'ils lisent.) 11 cst vrai quo la marquise a désiré expressément que je ne montrasse ce papier à personne, et que je le conservasse seulement pour ma sùrelé personnelle. Mais si ces gens songent aussi à leur sûreté, s'ils veulent savoir quel est notre garant à eux et à moi, pour une si forte somme... (Haut.) Eh bien! que dites-vous, messieurs?

UN BIJOUTIER, rendant le papier.

Mille pardons, monseigneur; rions n'hésitons plus un seul instant : nous vous aurions Uvré le collier, même sans cela. Le voici. Vous plairait-il de signer le contrat?

LE CHANOINE

Irès-VOlontiers. (U signe et échange le papier contre l'écriu qui C0D>

tieniie bijou.) Adieu, messieurs; les termes seront acquittés exactement, et doréuavatit nous ferons encore d'auires affaires ensemble.

Les bijouliers se retirent avec une révérence profonde.

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