‹ Théatre de GoetheChapitre 215 sur 382 · LE CHA^OU^E · texte numérisé non relu

LE CHA^OU^E

Tu l'ordonnes !

Il se couvre.

LE COMTE, Je n'ordonne pas, vous exercez votre droit; je ne fais ({ue vous le rappeler.

LE CHEVALIER, à part, tandis qu'il se couvre.

Quelle douceur ! quelle indulgence ! je brûle d'envie de savoir les mystères du deuxième grade,

LE COMTE

Placez-vous, mes amis ; placez-vous, mes compagnons.

LE CHANOINE

Des compagnons devraient se tenir debout devant leur maître, pour exécuter promptement ses ordres comme des esprits disposés à le servir.

LE COMTE

Bien dit ; mais vous vous asseyez près de lui, parce que vous êtes plutôt ses conseillers que ses serviteurs. (Tous deus s'asseyent. — Au chevalier.) Comment appcll vt-on les hommes du second grade?

LE CHEVALIER

Si je l'ai bien entendu^ ils s'appellent compagnons,

LE COMTE

Pourquoi portent-ils ce nom?

LE CHEVALIER

Vraisemblablement parce que le maître les trouve assez capables et assez initiés pour partager ses travaux et concourir i la fin qu'il se propose,

LE COMTE

Que pensez-vous de l'objet de ce grade?

5il LE GRAND GOPHTE.

Je ne puis en avoir une autre idée, sinon que l'on doit y mettre en pratique ce que le premier graile a montré. On indique de loin It; but à l'élève, et on donne au compagnon le moyen de l'atteindre.

LE COMTE

Quel est ce but que l'on offre aux élèves !

LE CHEVALIER

De chercher son plus grand bien dans le plus grand biwi d autrui.

LE COMTC.

Qu'attend donc celui qui aspire à être compagnon?

LE CHEVALIER

Que le maître lui donne les moyens de coopérer au bien général.

LE COMTE

Expliquez-vous plus clairement.

LE CHEVALIER

Vous savez mieux que moi-même ce que je dois dire. Dans tout bon cœur il est un sentiment noble placé par la nature, savoir : qu'il ne faut pas être heureux pour soi seul, mais chercher son bonheur d;ins le bien-être de ses i>emblables. C'est ce sentiment si beau que tu sais exciter, fortilier et nourrir dans le cœur des élèves. Et combien il est nécessaire '.l'exciter notre courage! Notre cœur qui, dès l'enfance, trouve son bonheur dans la sociabilité, qui se livre si volontiers, et ne goûte les plus vives, les plus pures jouissances que lorsqu'il peut se sacrifier pour un objet aimé, ah! notre cœur est malheureusement entraîné par le tourbillon du monde hors de ses rêves chéris. Ce que nous voulons donner, nul ne le veut recevoir; si nous voulons agir, nul ne veut nous aider; nous cherchons, nous essayons, et nous nous trouvons bientôt dans la solitude.

LE COMTE, .iprès une pause.

Ensuite, mon fils.

LE CHEVALIER

Et ce qui est pis encore, nous nous îiouvoiib faîbleî et

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