LE CHA^OU^E
Tu l'ordonnes !
Il se couvre.
LE COMTE, Je n'ordonne pas, vous exercez votre droit; je ne fais ({ue vous le rappeler.
LE CHEVALIER, à part, tandis qu'il se couvre.
Quelle douceur ! quelle indulgence ! je brûle d'envie de savoir les mystères du deuxième grade,
LE COMTE
Placez-vous, mes amis ; placez-vous, mes compagnons.
LE CHANOINE
Des compagnons devraient se tenir debout devant leur maître, pour exécuter promptement ses ordres comme des esprits disposés à le servir.
LE COMTE
Bien dit ; mais vous vous asseyez près de lui, parce que vous êtes plutôt ses conseillers que ses serviteurs. (Tous deus s'asseyent. — Au chevalier.) Comment appcll vt-on les hommes du second grade?
LE CHEVALIER
Si je l'ai bien entendu^ ils s'appellent compagnons,
LE COMTE
Pourquoi portent-ils ce nom?
LE CHEVALIER
Vraisemblablement parce que le maître les trouve assez capables et assez initiés pour partager ses travaux et concourir i la fin qu'il se propose,
LE COMTE
Que pensez-vous de l'objet de ce grade?
5il LE GRAND GOPHTE.
Je ne puis en avoir une autre idée, sinon que l'on doit y mettre en pratique ce que le premier graile a montré. On indique de loin It; but à l'élève, et on donne au compagnon le moyen de l'atteindre.
LE COMTE
Quel est ce but que l'on offre aux élèves !
LE CHEVALIER
De chercher son plus grand bien dans le plus grand biwi d autrui.
LE COMTC.
Qu'attend donc celui qui aspire à être compagnon?
LE CHEVALIER
Que le maître lui donne les moyens de coopérer au bien général.
LE COMTE
Expliquez-vous plus clairement.
LE CHEVALIER
Vous savez mieux que moi-même ce que je dois dire. Dans tout bon cœur il est un sentiment noble placé par la nature, savoir : qu'il ne faut pas être heureux pour soi seul, mais chercher son bonheur d;ins le bien-être de ses i>emblables. C'est ce sentiment si beau que tu sais exciter, fortilier et nourrir dans le cœur des élèves. Et combien il est nécessaire '.l'exciter notre courage! Notre cœur qui, dès l'enfance, trouve son bonheur dans la sociabilité, qui se livre si volontiers, et ne goûte les plus vives, les plus pures jouissances que lorsqu'il peut se sacrifier pour un objet aimé, ah! notre cœur est malheureusement entraîné par le tourbillon du monde hors de ses rêves chéris. Ce que nous voulons donner, nul ne le veut recevoir; si nous voulons agir, nul ne veut nous aider; nous cherchons, nous essayons, et nous nous trouvons bientôt dans la solitude.
LE COMTE, .iprès une pause.
Ensuite, mon fils.
LE CHEVALIER
Et ce qui est pis encore, nous nous îiouvoiib faîbleî et