‹ Théatre de GoetheChapitre 234 sur 382 · ACTE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV

Un cavalier vient à vous, se jette à vos pieds, împloie son pardon : vous laissez écliapper quelque son iuariicuié, Mousieur, ou le! autre mot qu'il vous plaira. Il couliuue à demander qu'on l'excuse : Levez-vous, lui répondez-vous tout bas. 11 demande votre main en signe de paix : vous la lui tendez; il la couvre de mille baisers. Levez-vous, dites-vous alors, éloignez-vous, on pourrait nous surprendre! \l taule à vous obéir, vous vous levez vous-même, el dites eu ijbistant : Eloignovous; puis vous lui mettez la rose dans la main. Il veut vous retenir : Quelqu'un vient, diles-vous à demi voi.\, et vous sortez précipitamment du berceau. Il \et;t hasarder un baiser avant la séparation; vous l'arrèlez, lui pressez la main, et ajoutez doucement : Noiis nous reverrons, puis vous vous échappez.

LA KIÈCE.

Chère tante, pardoniiez-nioi; c'est une lâche difficile, dangereuse. Quel est riiomme? qui dois-je représenter? La nuit, les circonstances ne le rendront-elles pas téméraire? Pouvezvous m' exposer ainsi?

LA MARQDISE.

Tu peux être tranquille, mon ensuit; je serai tout près, et je ne tarderai pas un instant dès que j'aurai entendu ces derniers mots. Je m approcherai et le chasserai.

LA MÈCE.

Comment bien jouer mon rôle, ne sachant pas quel personnage je représente?

LA MARQUISE

Prends des manières nobles, parle bas; la nuit fera le reste.

LA NIÈCE

Quel soupçon font naître en moi cette robe hJeue et ces mouches d'argent!

LA MARQUISE

Eh bien, puisque vou? le présumez, puisque vous le devinez, vous représentez la princesse, et le cavalier est le chanoine.

il 29

Glière tante, comment pouvez-vous exiger d'une pauvre jeune fille abandonnée une entreprise aussi extraordinaire? Je ne comprends pas la liaison de ce plan, je ne sais en quoi il peut vous être utile; mais réfléchissez bien que ce n'est pas une plaisanterie. Quelle peine .attendrait celui qui imiterait, dans un écrit, la main du prince? qui oserait graver sur un taux métal l'image de son roi? et moi je vais sciemment donner ma malheureuse personne pour la personne sacrée d'une princesse ; je vais contrefaire, avec des traits mensongers et des habits d'emprunt, l'extérieur d'une personne élevée, et souiller en même temps la noble pureté qui l'ail l'ornement de son caracière. Je m'en veux à moi-mèuie; je mérite d'être blâmée, punie. Ayez pitié de moi ; car vous ne me délivrerez pas si l'on me condamne. Voulez-vous me rendre criminelle, parce que je vous ai lait l'aveu dune faute?

LA JIAr.QUISE.

Il n'y a pas moyen de changer cela.

LA «lÈCE, suppliant.

Ma tante!

LA MARQUISE, impérieusement.

Ma nièce! On vous annoncera l'arrivée de la voiture. Enveloppez-vous alors dans votre manteau, et suivez-moi.

LA NIÈCE

Je désirerais...

LA. MARQUISE

Vous savez ce que vous avez à faire ; rien n'y sei'a changé.

Page 1