LA NIÈCE, LA MARQUISE
LA MARQUISE
Voyons, ma nièce, comment vous trouvez-vous dans ce nouveau costume?
LA NIÈCE
Pas aussi bien que si c'était le mien propre.
LA MARQUI5E.
Bah! bail! il vous va déjà bien. Tout ne vous sied-il pasi
536 LE GRAND COPHTS.
LA NIÈCE
Tout, jusqu'à la dissimulation, comme vous l'avez vu aujourd'hui.
LA MARQUISE
Ail! ([ui peut lenir ce lung;ige? (r.ajustant quelque chose à la
robe de sa nièce.) Là, ceci doit être pius seiié sur le corps, et ce pli doit tomber plus rii liement. La voiture viendra bienlôl rit nous conduira aujourd'hui même à la campagne.
LA NIÈCE
Aujourd'hui même?
LA MARQUISE
'lui, et vous avez aujourd'hui même encore un rôle à '} uer.
LA NIÈCE
Encore v.n rôle? Vous êtes sans pitié, ma tante; le premici- m'a conté tant de peine, que vous devriez m' épargner le secOMii.
LA MAUQUISE.
C'est précisément à cause de cela, mon enfant. Encore cehii-(i, puis un Ir. isiôme et un quatrième, et cela ne te coûtera phis aucun eflbrt.
LA NIÈCE
.]<j crains que vous ne me trouviez pas, à beaucoup près, aussi capable que vous le pensez.
LA MARQUISE
Il s'agit d'une épreuve. Celte nuit, vous jouerez un rôle de très-peu d'importance.
LA NIÈCE
Avec ce vêtement magnifique ?
LA MARQUISE
En vous conformant au plan tracé. Vous avez à représenter une amante à moitié muette.
LA NIÈCE
Qn'entendez-vous par là?
LA MARQUISE
Je vous transporte dans un jardin, sous un berceau; je vous donne une rose, et vous demeurez là quelques momt nis.