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SCÈNE Vil LA KÎÈGE, LE MARQUIS

LE MARQUIS eiitr'ouvranl la porte.

Etes-vous seule; petite nièce? Un seul mot.

LA rsiECE. (Pendant que le marquis regarde en dehors^ elle dense promp teinent un coup d'oeil à son miro'r.)

J'ai l'air d'avoir pleuré, d'êlre confuse. Que vais-je dire?

LE MARQI'IS l'embrassant et la serrant avec force contre son cœur.

Délicieuse créature ! »

LA MÈCE le repoussant.

Au nom du ciel, marijuis !

LE SIARQUIS.

Nous sommes seuls, vous n'avez rien à craindre.

La nièce s'arrachant de ses bras.

La marquise m'attend, (a part.) Si le chevalier était en corelà!'

LE SARQUIS.

Qii'avez-vous! vous paraissez toute bouleversée.

LA NIÈCE

Ah! Dieu! les soupçons de ma tanle.....

LE SIARQUIS.

Tu m'affliges, chère eufaiu; mais je veux te sauver.

LA NIÈCE

Vous savez cependant que, cette nuit, je dois jouer le rôle de la princesse. C'est affreux ! Venez.

Elle regarde avec terreur du côté du cabinet. LE MARQUIS.

Demeurez, demeurez; c'est précisément là le sujet de ma visite. Jouez bien cette nuit votre rôle, et ne vous inqniélea de rien.

A en: IV. .-43

LA NIKCE

Ailuus-aous-on.

LE MARQUIS

Non pas; je voulais vous dire

LA Nlf.riv.

Nous eu aurons tout le temps uoniai».

LE MAKQUIS.

Eu aucune façon. Vous paraissez traiter cela bien lé-'^r^»-

nu^ul.

LA NIÈCE

Je suis dans le plus grand embarras.

LE MAnQOIS.

Vous êtes encore menacée, pour celte nuit, d'un événea'.ent bizarre auquel vous ne pensiez pas.

LA NIÈCE

Quoi donc? vous m'eftiayez.

LE MARQOIS.

Vous devez partir avec moi.

LA MÈCE.

Avec vous?

LE MARQDIS.

Vous dites ce mot avec une sorte de répugnance.

LA NIÈCE

Je ne sais ce que je dois dire.

LE MARQDIS.

Je vais vous éclairer en peu de mots. La mascarade à laquelle vous vous préparez n'est pas une simple plaisanterie. Ma femme a obtenu, au nom de la princesse, un important service du chanoine, et vor.s devez exprimer la reconnaissance de la princesse à cette pauvre dupe.

LA NIÈCE embarrassée.

Je dois lui donner une rose.

LE MARQDIS.

Belle récompense pour un tel service ! Sachez que le chanoine, dans son aveugle passion, ne s'est laissé entraîner à rien moins qu'à acheter le beau collier des joailliers de la cour.

i^i LE GRAND COPHTE.

LA .MÈCE.

Le collier!

LE MAP.QUIS

Que nous avons tant admiré hier lorsque nous achetâmes cette bague.

LA .MÈCE.

Cela n'est pas possible.

LE MARQUIS

Tellement possible, que j'en ai déjà une partie dans ma poche.

LA NIÈCE

Vous? que veut dire cela? Un pourrait écouter.

LE MAr.QUIS.

Venez donc de ce côté, (il j'approche du cabinet.) Oui, mon enfant, le chanoine l'a possédé à peine un quart d'heure. Il fut presque lout de suite dans les mains de ma femme, pour être livré ce soir même à la princesse. Que ma femme fut heureuse en cet instant ! que je le fus moi-même. Elle sépara impitoyablement ce beau travail. Ce fut pour moi un crèvecœur, de voir ce précieux bijou ainsi mutilé, et je ne pus recevoir de consolation que du charmant petit paquet qu'elle me prépara pour mon voyage. J'ai au moins pour cent mille livres de pierres dans ma poche. Je p;irs aujourd'hui pour l'Angleterre oii je vais convertir le tout en argent, et acheter une foule d'objets précieux.

LA NIÈCE, qui jusque-là a caché le plus grand embarras.

Quelle dangereuse entreprise !

LE MARQUIS

Ce n'est pas le moment, de craindre, mais d'oser.

LA NIÈCE

Je vous souhaite du bonheur.

LE MARQUIS

Il faut me porter bonheur, plutôt que de me le souhaiter. Tu dois être, tu seras ma compagne de voyage, chère enfant.

LA NIÈCE

Vous voulez m'exposer à ce péril?

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