ACTE IV. 5Î
LE MARQUIS
f.e péril est plus grand si tu restes. Ma femme est bien assez hardie pour soutenir cette fable, mais aussi longtemps seulement que cela sera faisable. Jusqu'à ce que le [iremier terme de paiement arrive, et même un peu plus tardtlie est assez en sûreté. Cependant je ne puis te laisser ici.
LA NIÈCE
Songez que...;
LE MARQUIS
Je ne sais comment expliquer ta conduite. Serait-il possible que l'on m'eût déjà enlevé Ion cœurl Non, ce n'est pis possii)le; tu es égarée, mais tu n'es pas changée. Ne te laisse pas éblouir par l'apparente richesse du chanoine; nous sommes maintenant plus riches que lui, qui va se trouver sous peu dans un très-grand embarras. J'ai tout calculé exactement; tu peux encore cette nuit représenter le peisonnage de la princesse. C'est l'intention de ma femme que je vous accompagne en sortant d'ici, et que je poursuive ensuite ma route. Je prends pour cet objet une voiture particulière. Dès que la scène est jouée, alors je déclare net à la marquise que 'ai vas me suivre. Tu résisteras un peu, et je t'entraînerai de force. Elle ne fera pas d'esclandre, de crainte que tout ne se dévoile. Tu ne m'écoutes pas? qu'as-tu donc?
LA NIÈCE
Pardonnez-moi. Ce projet..., je suis confondue..., je reste muette. Réfléchissez dans quelle position nous laisserons derrière nous ma tante.
LE MARQUIS
Elle se tirera bien d'embarras elle-même; elle est assez aJroite. Elle a poussé les choses assez loin, et nous ne gâtons I ien à son plan. Bref, je ne veux, je ne puis me passer de toi; et si jamais tu as douté de mon amour, tu vois maintenant combien il est ardent. Je ne te laisserai pas ici en proie à tint de pièges, de dangers. Avant huit jours, tu serais perilue pour moi. La passion insensée du chanoine pour la prin- 'esse, n'exclut pas chez lui d'autres intrigues. Au bout de quelques jouis lu serais en apparence sa souveraine; mais, dans le
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fait, sa très-obéissante maîtresse. Viens. Je l'ai résolu et ne m'en dépars pas. (il l'embrasse.) Tu m'appartiens, et nu! ne peut t'enlever à moi. Ma femme n'a jamnis et? un obstacle pour moi; et pourvu qu'elle tire heureusemimt de là ses pierreries, elle nous pardonnera volontiers le reste. Qu'as-lu donc? tu parais troublée.
LA NIÈCE
C'en est fait de moi ! Conduisez-moi oîi vous voudrez.
LE MARQOIS.
Apprends que tout est en règle. J'ai fait, sons un prétexte^ «mpaqueter le plus nécessaire par ta femme de chambre. Bi'ntô! nous serons habillés à nenf, et mieux que jamais, li ne faut pas nous embarrasser de notre vieille friperie.
Il emmène la nièce désespérée, qui regarde encore quelquefois en arrière du côté du cabinet.