ACTE III
les morts, Diane, Apollon, sauvez-nous! 0 Diane! tu aimes ton gracieux lière |iar-dessiis tout ce que le cifl et la lene peuvent t'olfrir; et, [ileine du désir de le voir, lu tournes doucenicut ton visajze virginal vers son éternelle lumière; ah! ne laisse pas mou uni(}ue frère, que je reliouve après si longtemps, tomber ainsi dans les ténèbres du vert;ge! et, si le dessein que tu as eu en me caclianl ici est mainicuant rempli, si tu veux nous [irêter ton divin secours en me sauvanl par lui et en le sauvanl par moi, délivre-le donc de ces liens de malédiction, aliii que le précieux instant de la délivrance ne nous échappe point.
Ne nous reconnais-tu pas, ainsi que ce bois sacré, et cette lumière qui ne brille pas pour les niorts? Ne sens-tu pas la main de ton ami et de ta sœur qui, ferme et vivante encore, te soutient ici? Serre-nous dans tes bras avec foi ce, nous ne sommes point des fantômes. Prête l'oreille à mes paroles, et recueille les sens : les moments sont précieux, et noire retour dépend de quelques légers fils que tourne, ce me semble, une Parque làvorable.
ORESTE, à Iphigénie.
Laisse-moi, pour la première fois, goûter dans tes bras une joie puie avec un cœur libre. 0 dieux! vous (jui marchez en lourés d'éclairs pnur épancher vos pesants nuages ; qui, favorables et sévère- à la fois, répandez sur la terre eu sauvages torrents la pluie longtemps invoquée, en y mrî.nt la voix des tonnerres et le silflement des vents, ei qui néanmoins changez 1 alienie efirayée des moitelseu béiiéiliclion, et l'étonnement inquit t en regards de joie et eu vives aciions de grâce, lorsque le >oleil, reparaissant après 1 orage, se réfléchit de mille manières dans les gouttes qui couvrent les feuilles fraîchement vivifiées, et qu'Iris, paiée «le mille couleurs, sépare d'une main légère le crêpe grisâtre des deriiiers nuages; à dieux! 1 j^scz-moi goûter et conserver avec ime pleine reconnaissance dans les bras de ma sœur et le tein de mou ami le bonheur que vous m'accordez. La malcdiclion s'éloigne de moi, mon cœur roe le dit. Les Euméiudes, je u. 4
38 IPHIGÊNIE EN TAUCIDE
rentends, s'en lelonrnent au Tarlare et poussenl violemment derrière elles ses portes d'airain, dont le liacas roule au loin comme le tonnerre. La terre exhale un parfum léparaleur, et m'invite à poursuivre dans ses plaines la joie de la vie et les grandes actions.
PYLADE
Ne perdez pas des moments qui sont comptés. Que le vent qui va gonfler nos voiles porte nos premiers accents de joie vers l'Olympe. Venez, il laut ici promptitude dans le conseil, fermeté dans la résolution.