UN PAYSAN
Oui, et elle a parlé avec nous, et nous lui avons dit qu'il y «vait du tapage chez son père.
MARTia.
Maintenant c'est fini.
0 malédiction!
GEORGE
Voilà comme l'on s'enferre avec des détours.
LE JUGE
Et vous voilà là maintenant; que dites-vous à cela? (lu se
rsj^ardent les un^ et les autres. Le juge marche en long et eu large, et
trouve le bonnet.) Oh! oh ! qu'cst-ce quc ccla?
GEORGE
Je ne sais pas.
i.E JDGE, regardant autour de lui, trouve le chapeau avec la cocarde. i;t cela?
ROSE
Je ne comprends pas.
LE JDGE, le présentant à îfartin.
Eh bien, vous, peut-être savez-vous? peut-êlre comprenez-
msî
MARTIN, à part.
Que dois-je dire?
LE JUGE
C'est donc à moi de vous l'expliquer. Cela, c'est un bonnet
;• la liberté; cela, une cocarde nationale; une lielle décoii-
rle! Maintenant vous êtes là miiets, parce que la chose est
lire. — Dans cette maison *e tient le clul) des cuiijuiés : c'est
rendez-vous des traîtres, le quartier général iies rebelles!
C'est une trouvaille! c'est une bonne lortune!... Vous vous
s certainement divisés comme les Français; vous vous êtes
! :s aux cheveux, et vous vous êtes trahis Voilà qui est
icn; continuons l'examen.
ROSE
Mon cher monsieur le juge !
LE JUGE
Autrefois vous étiez bien dédaigneuse, maintenant vous sa*
• .: prier. ,
r.EORGE.
il faut que vous sachiez. ..
LE JUGE
Il faut... Vous parlerez bientôt autrement.
MARTIN
Monsieur mon compère?
LE JUGE
•Ah ! me voilà redevenu votre compère?
ROSE
N etes-vous pas mon parrain?
LE JUGE
Les temps sont bien changés.
MARTIN
Veuillez écouler
LE JDGE.
Silence! ne m'approchez pas... N'avez-vous pas déjà pris vos dispositions pour planter l'arbre de la liberté? Ne vous èles-vous pas pron.is de m'accrocher au premier poleau? On sait coumient le peuple séditieux par'^ maintenant des autorilés, ce (ju'il eu pense; il lui coûtera bon. (aus paysans.) Qu'on les emmène et qu'on les conduise au tribunal. 11 faut mettre les scellés; il faut dresser inventaire. On trouvera des armes, de la poudre, des cocardes; cela donnera lieu à une enquête. Allons! allons!
UARTIK.
Oh ! malheureux Martin I
ROSE
Laissez-nous nous expliquer, monsieur le juge.
LE JUGE
Quelque mensonge, mamselle Rosette? Allons i ariofiâ,
GEORGE
S'il n'en peut être autrement, il faut que Schnaps vieuna avec nous. Ces choses s'éclairciront.
LE JUGE
Que dites-vous de Schnaps?
GEORGE
Je dis...
ROSE, â la fenêtre.
Ah ! heureusement voilà monseigneur qui vient I
LE JUGE
Il l'apprendra bien assez lot.
GEORGE
Appelle-le 1
ROSE
Monseigneur! monseigneur! au secours 1 au secours!
LE JUGE
Silence donc! il ne vous secourra pas. Il sera bien aise de voir de tels coquins découverts; et puis c'est une affaire de police, une alfaire criminelle (|ui me regarde, qui regarde !e tribunal, le gouvernement, le prince; il faut faire un exemple.
MARTIN
Allons, le voilà qui parle aussi d'exemple