‹ Théatre de GoetheChapitre 276 sur 382 · UN PAYSAN · texte numérisé non relu

UN PAYSAN

Oui, et elle a parlé avec nous, et nous lui avons dit qu'il y «vait du tapage chez son père.

MARTia.

Maintenant c'est fini.

0 malédiction!

GEORGE

Voilà comme l'on s'enferre avec des détours.

LE JUGE

Et vous voilà là maintenant; que dites-vous à cela? (lu se

rsj^ardent les un^ et les autres. Le juge marche en long et eu large, et

trouve le bonnet.) Oh! oh ! qu'cst-ce quc ccla?

GEORGE

Je ne sais pas.

i.E JDGE, regardant autour de lui, trouve le chapeau avec la cocarde. i;t cela?

ROSE

Je ne comprends pas.

LE JDGE, le présentant à îfartin.

Eh bien, vous, peut-être savez-vous? peut-êlre comprenez-

msî

MARTIN, à part.

Que dois-je dire?

LE JUGE

C'est donc à moi de vous l'expliquer. Cela, c'est un bonnet

;• la liberté; cela, une cocarde nationale; une lielle décoii-

rle! Maintenant vous êtes là miiets, parce que la chose est

lire. — Dans cette maison *e tient le clul) des cuiijuiés : c'est

rendez-vous des traîtres, le quartier général iies rebelles!

C'est une trouvaille! c'est une bonne lortune!... Vous vous

s certainement divisés comme les Français; vous vous êtes

! :s aux cheveux, et vous vous êtes trahis Voilà qui est

icn; continuons l'examen.

ROSE

Mon cher monsieur le juge !

LE JUGE

Autrefois vous étiez bien dédaigneuse, maintenant vous sa*

• .: prier. ,

r.EORGE.

il faut que vous sachiez. ..

LE JUGE

Il faut... Vous parlerez bientôt autrement.

MARTIN

Monsieur mon compère?

LE JUGE

•Ah ! me voilà redevenu votre compère?

ROSE

N etes-vous pas mon parrain?

LE JUGE

Les temps sont bien changés.

MARTIN

Veuillez écouler

LE JDGE.

Silence! ne m'approchez pas... N'avez-vous pas déjà pris vos dispositions pour planter l'arbre de la liberté? Ne vous èles-vous pas pron.is de m'accrocher au premier poleau? On sait coumient le peuple séditieux par'^ maintenant des autorilés, ce (ju'il eu pense; il lui coûtera bon. (aus paysans.) Qu'on les emmène et qu'on les conduise au tribunal. 11 faut mettre les scellés; il faut dresser inventaire. On trouvera des armes, de la poudre, des cocardes; cela donnera lieu à une enquête. Allons! allons!

UARTIK.

Oh ! malheureux Martin I

ROSE

Laissez-nous nous expliquer, monsieur le juge.

LE JUGE

Quelque mensonge, mamselle Rosette? Allons i ariofiâ,

GEORGE

S'il n'en peut être autrement, il faut que Schnaps vieuna avec nous. Ces choses s'éclairciront.

LE JUGE

Que dites-vous de Schnaps?

GEORGE

Je dis...

ROSE, â la fenêtre.

Ah ! heureusement voilà monseigneur qui vient I

LE JUGE

Il l'apprendra bien assez lot.

GEORGE

Appelle-le 1

ROSE

Monseigneur! monseigneur! au secours 1 au secours!

LE JUGE

Silence donc! il ne vous secourra pas. Il sera bien aise de voir de tels coquins découverts; et puis c'est une affaire de police, une alfaire criminelle (|ui me regarde, qui regarde !e tribunal, le gouvernement, le prince; il faut faire un exemple.

MARTIN

Allons, le voilà qui parle aussi d'exemple

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