SCÈNE IV
Les Précédents, LOUISE.
I a vivacité de l'entretien est d'abord tempérée par l'arrivée de Louise, puis il fiait par passer à UQ autre sujet; le magister, qui n'y trouve plus aucun intérêt, s'éloigne, et la conversation s'établit comme il suit entre les deux femmes.
LA COMTESSE
Que fait mon fils? j'allais passer chez lui.
LOniSE.
11 dort tranquillement; j'espère qu'il pourra bientôt recommencer à sauter, et que, dans peu, il n'y aura plus trace de blessure.
LA COMTl SSE.
Que le temps n'est-il moins mauvais, je descendrais au jardin, il me tarde de voir comment tout a marché, et si la chute d'eau, le pont et la grotte font un bon effet.
LOUISE
Tout est bien mieux qu'auparavant; les endroits sauvages que vous avez fait ai l'anger paraissent naturels : ils enchantent tous ceux qui le- voient pour la première fois, et moi je trouve aussi du plaisir à m'y retirer dans mes heiues de ren. 59
pos; et cependant j'avoue que j'aime encore mieux me promener dans lapépmière, à l'ombre des arbres In liliers. L'i<!ée de l'utile me ca|)tive et me procure des jouissances que je ue dois qu'à elle. Dans l'action de semer, de grefi'er, il n'y a pour mon œil aucun effet pittoresque; mais alors il m'est doux de penser à ces fruits qui, bientôt, ralraîchiront le voyageur.
LA COMTESSE
Je loue vos sentiments, ils sont d'une bonne ménagère,
LOUISE
Seuls ils conviennent à celle qui doit penser au nécessaire, et qui n'a pas la liberté du choix.
LA COMTESSE
Avez-vous réfléchi à l'offre que je vous fis dans ma dernière lettre? Pouvez-vous vous résoudre à donner votre temps à ma fille, à vivre avec elle, à être son amie et sa compagne?
LODISE.
Sans aucun scrupule, madame la comtesse.
LA COMTESSE
Moi, je m'en fais beaucoup de vous le proposer. Le caractère vif et indomplé de ma fille rend sa société dé-agréable et souvent très- pénible. Autant mon fils est aisé à conduire, autant ma fille est difficile.
LOUISE
En revaiiclie, son cœur noble et sa manière franche d'agir méritent toute sorte d'estime ; elle est emportée, mais prompte à s'adoucir; capricieuse, mais juste; fière, mais humaine.
LA COMTESSE
Elle tient cela de son père
LODISE.
A qui elle ressemble étomiamment. La nature paraît s'être plue à reproduire bizarrement dans la fille l'image âpre du père, et la tendre mère dans le fils,
LA COMTESSE
Tâchez, Louise, de dompter ce feu ardenf, mais noble. Vous possédez toutes les vertus qui lui man-iuent; près (i^