‹ Théatre de GoetheChapitre 305 sur 382 · ACTE III. 4G · texte numérisé non relu

ACTE III. 4G

•DUS une élève des grands événements qui nous donnent une jilée vive de tout ce qu'un citoyen bien pendant doit désirer et détester : c'est à vous à lutter contre les personnes de voire rang. On ne peut juger et blâmer que sos égaux. Tout le blâme i[u'on jette sur des supérieurs ou sm- des inlérieurs, est mêlé d'idées accessoires et de petitesses; il faut être jugé par ses pairs. Mais précisément parce (|ue je Miis et veux rester un citoyen rendant hommage aux classes upérieures de la société, que j'ai plus d'une raison d'esti- <er, je me déclareiai l'irréconciliable ennemi de ces petites ::aceries envieuses, de cette liaine aveugle, filles de l'égoïsme, ;ui combattent opiniâtrement contre des prétentions, se formalisent sur des formalités, et, sans avoir elles-nillnes aucune réalité, ne voient que l'apparence là oiî il t'audrail voir !e bonlieiu' et ses suites. Vraiment! si fous les avantages tels i[ue la santé, la beaulé, la jeunesse, la richesse, l'esprit, les lulents, le climat, doivent compter poni' quelque chose, pourquoi celui d'être le descendant d'une série d'ancêtres braves, célèbres et glorieux devrait-il ne compter pour rien? Je dirai cela partout où j'aurai voix, au risque même de mériter le nom odieux d'aristocrate.

Ici se trouve une lacune que nous remplirons par la narration. Le sérieux de cette scène est tempéré par le conseillei', qui avoue son inclination pour Louise, et désire lui donner sa main. On paile de leurs relaiions av;int le malheur arrivé à la famille de Louise, et de la peine que se donne cet homme estimable pour se procurer, ainsi qu'à Louise, une existence tranquille.

Une scène entre la comtesse, Louise et le conseiller, en nou- Taisant mieux connaître trois biaux caractères, nous dédommage en quelque snrtf de ce que nous allons souffrir dans les scènes suivantes. En.-.uile on se réunit autour d'une table k thé où Louise sert; peu à peu toutes les per^onne^ de la pièce >'y rassemblent, et enlin on introduit aussi le- p:iysans. Comme on ne peut s'empêclwr de parler politique, le baron, sans cacht-r sa malice et ses nii)i|uerie.-, propose de représenter une assemblée nationale : le conseiller e.--i nommé président, et le caractère des assistants s'y développe en toute liberté. La comtesse, ayant son fils avec la tête bandée, à côté d'elle, représente la princesse di<ni le pouvoir sera modifié; à quoi elle con-eni volontiers, suivant ses idées libérales. Le conseiller, raisonnable et modéré, cherche à maintenir l'équilibre, ce qui devient à chaque instant plus "lifficile. I.e baron joue le rôle du gentilhomme qui abnnlonne -on ra <; et (|ui lasse

; parti du peuple; les autres alors, trompés par ce dé^ui-enient perlide, lu : couvrent toutes leurs pensées. Pendant ce temps les intri ues d'amour vont leur train : le baron ne manque pas de dire à Caroline le.-* choses les plus flalteuse.>; on ne peut méconnaître, dans l'ardeur que met Jacob à déleadr©

les droite de la seigneurie, un penchant inconscient pour la jeune comtesse. Louise ne voit là-rledans que l'anéantissement du bonheur domestique dont elle se croyait si près; et Brenienfeld se mêlant aux discussions sérieuses «les paysans, égayé de temps en temps la scène par ses fanfaroimades, ses contes et sa bonne humeur. Le magister, que nous connaissons déjà, passe toutes les bornes; et, comme le baron l'excite de plus en plus, ils en viennent aux injures personnelles, et lorsqu'il anive à parler de la blessure du jeune comte, comme d'une chose insignifianle et même ridicule, la comtesse se fâche à tel point que le magister rcçoi' son co .gé; le baron augmente le mal, et .le bruit allant toujours croissant, il en profite pour supplier Caroline de lui accorder Cette nuit un rendez-vous secroi. Dans ces débats, la jeune comtesse se montre esirêmeinent violente; elle défend son parti, s'opiniâtre sur se» possessions; mais cette dureté est modifiée par de la naïveté, par un caractère fianr et tout à (ait juste, qui même ne laisse pas d'avoir une certaine amabilité. On v^it donc que cet acte se termine foil tumultueusement, sans produire toutefois une impression aussi fâcheuse que l'eût permis la situation, li est sans doute à regretter que l'auteur ne se soit pas donné la peine ouw'ait pas eu le temps de surmonter les difficultés d'une pareille scène.

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