ACTE IV. 4G'.i
lUiÊME.
Ils n'ont plus qu'un pas à lliiie; il ne s'agit que de franchir !e seuil du cachot donl la porte leur est ouverte.
LE MAGISTER
Comment?
BRÈME
Le moment est proche; les communes sont rassemblées : dans une heure elles sont ici. Nous surprendrons le cliàleau, nous obligerons la comtesse à signer le recès el à jurer que, dorénavant, tous les impôts qui nous accablent seront abolis.
LE MACISTER,
Je tombe de mou h lut!
DliÊME.
11 me reste un scrupule à l'égard du serment. Les nobles n'ont plus de foi : elle jurera, et puis se fera dégager de soî: serment; on lui prouvera qu'un serment forcé n'est pas valable.
LE MAGISTER
Je vais vous donner un conseil. Ces gens qui se placent au-dessus de tout, (pii traitent leurs égaux comme des brutes, sans amour, sans pilié, sans conscience, coulent des jour.^ sereins tant qu'ils ont affaire à des hommes dont ils ignorent ie pri.x, tant qu'ils jiaileut d'un dieu qu'ils ne reconnaissent uas; mais cette lace insolente ne saurait avec cela se défendre d'une terreur !-ecrèle ni se dissimuler le rapport qui unit toujours la parole à I eilet, l'action à ses conséquences. Faiteslui |)réter un serment solennel.
MARTIN
Oui, à l'église.
Non, en plein air.
LE MAGISTER
Ce n'est rien que cela ; de paredles solennités n'agissent que sur l'imagination; je vous indiquerai un autre moyeu, Entourez-la, fuite>-lui posir la main, en votre présence, sur la tête de son (iU, el (pi'<ile prenne à témoin cette tète ( iiérie, eu appelant sur elle lou; le mal dont peut être accablée une n. 40
créature humaine, au cas qu'elle violât sa promesse sous quelque prétexte que ce lût, ou qu'elle permît qu'on l'éludât.
BRÈME
Quelle bonne idée !
Quelle horreur '
MARTIN
ALBERT
Croyez-moi, elle sera liée pour toujours.
BRÈME
Vous viendrez ensuite, et vous parlerez à sa conscience.
LE MAGISTER
Je prendrai part à tout ce que vous voulez faire; mais, dites- moi, de quel œil verra-t-on cela dans la capitale? S'ils vous envoient des dragons, vous êtes tous perdus.
MARTIN
Monsieur Brème pare à tous ces inconvénients-là.
ALBERT
Oui, c'est une tête étonnante.
LE MAGISTER
Mettez-moi au fait.
BRÈME
Oui, oui, voilà ce qu'on ne s'attendait guère à trouver dans Hermann Brème second. Il a des relations, des connaissances, où Ton croit qu'il n'a que des pratiques. En attendant, ce qu'il peut vous dire, et tous ces gens-ci le savent, c'est que le prince lui-même désire une révolution.
LE MAGISTER
Le prince?
BRÈME
Il a les sentiments d'un Frédéric et d'un Joseph, deu monarques qui mériteraient d'être adorés par tous les vrail démocrates comme leurs saints. Il est courroucé devoir que les bourgeois et les paysans gémissent sous la pression de la noblesse; et malheureusement, lui-même il n'y peut rien, parce |u'il est entouré d'aristocrates. Mais, quand nous nous serons montiés, il se mettra à notre tête, et ses troupes passeront à