SCÈNE IX Les Précédents, LA COMTESSE, LE CONSEILLER
LA COMTESSE
Qu'ya-t-il?
LE CONSEILLER
Que faites-vous?
FRÉDÉRIQUE, toujours au bailli.
?Ie bougez pas ou vous êtes perdu? Enfermé? Oùt
LE BAILLI
Dans mon pupitre.
FRÉDÉRIQUE
Et où, dans le pupitre?
LE BAILLI
Dans un double fond.
FRÉDÉRIQUE
Où est la clef?
LE BAILLI
Dans ma poche.
FRÉDÉRIQUE
Et comment s'ouvre ce double fond?
LE BAILLI
En le pressant du côté droit.
FRÉDÉRIQUE
Donnez la clef.
La voici.
Jetez-la!
Fx la chambre?
Elle est ouverte.
Qui est dedans?
LE BAILLI
FRÉDÉRIQUE
Le bailli la jette I t«n«* FRÉDÉRIQUE.
LE BAILLI
FRÉDÉRIQUE
484 LES r.ÉVOLTÉS.
LE liAILlI.
Ma servante et mon scribe.
FRÉUÉRIQDE.
Vous avez tout entendu, monsieur le conseiller. Je vous ;>i épariïné une longue conversation. Prenez la clef, et allez chercher le document ; si vous ne le rapportez pas, c'est qui! aura menti, et alors je le tuerai.
LE CO.XSEILLER.
Laissez-le m'accompagner ; pensez à ce que vous faites.
FRÉDÉRIQUE
Je sais ce que je fais; ne me fâchez pis, cl sortez.
Le conseiller sort.
LA COMTESSE
Ma fille, tu m'effrayes; laisse ce fusil !
FRÉDÉRIQUE
Pas avant que j'aie vu le document.
LA COMTESSE
Ne m'entends-tu pas? C'est la mère qui te l'ordonne.
FP.ÉDÉFUQDE.
Et quand mon père se lèverait de sa tombe, je ne lui obéirais pas.
LA COMTESSE
S'il allait partir?
FRÉDÉRIQUE
Quel mal y aurait-il?
LE BAILLI
Vous vous en repentiriez.
FF.ÉOÉRIQOE,
Non, cerles. Te souviens-tu encore, vaurien, quand, l'année passée, dans un accès de colère, j'ajustai un chasseur qui frappait mou chien, et qu'on m'accahia d'injures, et que tout le monde bénit l'accident qui m'avait fait manquer, te son^iens-tu que tu fus le seul à rire, et que tu dis même : « Qu'est-ce que cela aurait fait? c'est un enfant de famille noble ! On aurait arrangé l'alfaire avec de l'argent. » Je suis encore une enfant, je suis encore de famille noble, on pourrait encore arranger l'affaire avec de l'arsenl.