‹ Théatre de GoetheChapitre 368 sur 382 · ACTE V. ■■ î · texte numérisé non relu

ACTE V. ■■ î

mait nnguère avec (aiit de douceur à Yx docililé, de celle voix •'otU l'empire était absolu sur mes sentiments jciuies et flcxi- !i!es. C'est à toi que je dus de comprendre le sens des mois, li'iir forre et leur construction ingénieuse; ta bouche m'a l'ait connaître le monde et mon propre coeur. Tu emploies maintenant ce charme contre moi , tu m'enchaînes, lu me pousses de côté et d'autre; mon esprit s'égare, mes sens s'épuisent; je vais descendre chez les moits.

LA MAÎTRESSE DE LA CO[IR

Je voudrais que cette puissance miraculeuse eût agi au moment où je te priais avec tant d'instance de renoncer à tes

irojets ambitieux.

EUGÉNIE

Quoi! tu prévoyais un tel malheur, et tu ne réprimais pas niun audace?

LA MAÎTRESSE DE LA COUR

Je le fis, mais d'une manière détournée; un mot formel tiv.lt mortel.

EUGÉ.ME.

Et ton silence cachait i'exil ! J'aurais préféré le mot qui m'eiît annoncé la mort.

U MJÙTRESSE DE LA COUR

Ce malheur, prévu ou non, nous a enveloppées toutes deux dans le même filet.

ECGÉMIE.

Puis-je connaître la récompense qui t'attend pour avoir livré ta malheureuse élève?

LA MAÎTRESSE DE LA COUR

Elle m'attend sur un rivage étranger ; la voile s'enfle, et va nous emporter toutes deux,

EDGÉISIE.

Le vaisseau ne m'a pas encore emprisonné. Et puis-je y entrer de bonne grâce?

LA MAÎTRESSE DE LA COUR

N'as-tu pas dcjà invoqué le peuple? il le regaida avec étonnement, se tut et s'éloigna.

EUGÉNIE

Le besoin pres'^atit qui diripreait mes erCurfs me fit paraître an délire à ces gens d'un espril vulgaiie; mais ni les parolcï" ni ta violence ne m'empêcheront de marelier conrageusemeiii au-devant du secours. Les grands de cette ville sortent d. leurs maisons pour aller sur le port admirer les vaisseaux , qui, pour notre mallieur, gagnent la haute mer. La garde si ranime déjà autour du palais du gouverneur, ti'esl lui-mêni-.' qui descend les degrés, eutouré de plusieurs officiers. Jeveus lui parler et hii faire part de mou malheur; s'il e>t digne de remplacer le roi ilan^ ses fonctions les plus importantes, il ii'' me renverra pas sans m 'avoir entendue.

LA MAÎTRESSE DE LA COUR

Je ne m'oppose point à cette démarche ; raconte la chose , mais ne dis pas les noms.

EUGÉNIE

Je ne les dirai que lorsque je pourrai avoir toute confiant t en lui.

LA MAÎTRESSE DE LA COUR

C'est un homme noble et jeune, qui fera pour toi ce qu'il pourra convenablement t'accoi-der.

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