‹ Théatre de GoetheChapitre 37 sur 382 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

IPHIGÉNIE, seule.

Il faut lui obéir; car je vois les miens dans un pressant

i8 IPHIGÉME EN TAURIDE.

daiiper. r.ipeiulaiit, hélas! mon propre destin me rem] de plus en plus inqiiiùle. Ln douce espéranre ()ue j'ai nourrie tliins celte solitude, dois-je la hiisser ici? Cette malédiction doil-el e durer éleiiiellement? Ma race ne doit-elle jamais se reli'ver avec, une pro^périlé nouvelle? — T(tul fuiit cependant ! le bonheur le plus pai fait, la plus l)elle fortune, se lasse à la (in.' l'ounpioi n'eu serait-il pas ainsi de la nialédiciion? Celait donc vainement que j'espérais, préservée ici de la «ruelle destinée de ma maison, pouvoir un jour, la main et le cœur sans tache, aller purifier le palais >oiiillé de mes pères.

— A peine mon frère est-il guéri dans mes bras subitement et comme par miracle des fureurs qui l'ai^itaient, à peine nu vaisseau longtemps imploré s'approche-t-il | our me conduire au poi t de la patrie, que la sourde A'écessité m impose de sa main de biouze un double crime; elle m'oblige à dérober la sainte et re>peclabie image de la déesse, image confiée à mes soins; elle veut que je trompe un homme à qui je dois ma vie et mon sort. Ah ! que mon cœur se gaide de ^e révolter à la fin conire les dieux ! Maîtres de rOlympe, laites que la pro- Ibnde haine qui animait contre vous Ks Tilaiis, ces anciens dieux, ne saisisse pas avec ses griffes de vautour une faible créature! Sauvez-moi, et sauvez votre image dans mon âme!

— Un vieux chant retentit à mes oreilles... Je l'avais oublié et je m'en réi<>uis>ais... C'est le chant des Parques, celui qu'elles enlonuèrenl en frissonnant, lorsque Tunlale tomba (le son siège dor. Elles compatirent aux inanx de ce noble ami; leur cœur était furieux, leur hyunie terrible. Dans notre jeunesse, la nourrice nous l'apprenait à mes frères et à moi, et je lai gravé dans mon souvenir.

(I Crahis les lieux, — race mortelle, — ils tiennent ia puissance — dans leurs mains éternelles : — et ils peuvent l'cuq)loyer — comme il lenr plaît.

« Que celui-là les craigne doublement - — qu'ils élèvent à eui. — Sur les nuages et les rochers — sont préparés les sièges — et les tables d'or.

a Une dispute s'élève. — lesconvives s'abîment, — honnis et conspués — dans les profondeurs de la nuit — et ré-

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