‹ Théatre de GoetheChapitre 47 sur 382 · ACTE V · texte numérisé non relu

ACTE V

signes évidenis, et maintenant mon cœur ne doute plus. Vois ici à sa main (licite cette marque qui semble représenter trois étoiles; cUe [lanit au jour de sa naissance, et le pièire en tira le présige que relte main devait frapper nn grand coiqi. Ce (jui nie persuade ensuite doublement, c'est cette ci( atrire qui lui parta^^e à cet endroit les sourcils. Il était encore' enfiuit lorsque Élertie, avec sa vivacité et sa négligence ordinaires, le laissa tomber de ses bras; il se trappa la tète coutie un trépi»d... r,'e>t lui...

Faut-il encore le citer en témoignage la ressemlilance avec mon père, et enfin le cri de joie qui retentit dans mon cœur?

THOAS

Quand tes paroles auraient levé tous les doutes et dompté la colère dans mon sein, il faudrait toujours néanmoins que les armes déridassent entre nous; je ne vois point de paix possible. Ils sont venus, tu le reconnais toi-même, pour m'enlever Timage sacrée de la déesse. Croyez-vous ipie j'envisage de sang-froid ce larcin? Souvent le Grec tourne ^on œil avide vers les trésors lointains des barbares, leur toison d'or, leurs chevaux, leurs belles filles; mais la force et la ruse ne les ont pas toujours ramenés heureusement dans leur patrie avec les biens qu'ils avaient conquis.

ORESTE

0 roi ! celte image sacrée ne doit pas être un sujet de discorde entre nous. Maintenant nous connaissons l'erreur dont un dieu avait enveloppé notre esprit comme d'un voile, lorsqu'il nous ordonna de diriger nos pas vers ce lieu, .le le suppliais de me donner conseil, et de me délivrer de la poursuite des Furies : « Situ ramènes, dit-il, en Grr'îe, la sœur qui demeure contre son gré dans le sanctuaire au rivage de Tauride, alors la malédiction cessera. » Nous crûmes que ces paroles s'appliquaient à la sœur d'Apollon, et c'est toi qu'il voulait diie' Les liens funestes sont maintenant rompus; tu es rendue aux tiens, sainte prêtresse! Dès que lu m'as touché, j ai été guéri; c'e-l dan- tes bras que le mal m'a saisi pour la derière fois avec tous ses tourments et m'a terriblement ébranlé isqn'à la nioel.e des os; ensuite, con'm* uu «serpent, il s'est

€0 IPUIGÉME EN TaTRIDE.

eiifui dans so c;iveriie. Grâce à toi, je reioiiimeiice à jouir miiiiilenaiit de la vasle luiuière du jour. Le dusseir. de la déesse se nioiiUe à moi d;iiis toute sa grandeur et -a Ltauté. Comme une statue sacrée à lacjuelle le destin de l'Étal est inviiriabienient attaclié par un secret arrêt des dieux, elle t'a enlevéf; toi lappui de la maison, et t'a conservée dans une sainte relraile poin- le bonheur de Ion frèie et des liens. Qiiand tout espoir de délivrance semblait perdu sur la lerre, tu nous rends tout ! — 0 roi ! que ton âme se laisse aller à des sentiments de paix! n'empêche point qu'elle accomplisse à présent la co isécration de la maison paternelle, qu'elle me rende à mon palais purifié, et place sur ma tète l'antique conroinie! En reconnaissance des biens qu'elle t'a apportés, lai>se-moi jouir de mes droits ! Force et ruse, les deux sources de gloire des hommes, cèdent à la véracité de cutie grande âme, et une pure et tendre confiance dans un homme noble et généreux ne demeurera pas sans récompense.

IPHIGÉME.

Songe à ta promesse, et lai>se-toi émouvoir par ce discours sorti d'une bouche loyale et sincère! Tu n'as pas souvent l'occasion d'aiiir aussi noblement. Tu ne peux nous refuser ce bienfait; accorde-le sans hésiter.

TIIOAS.

Eh bien, partez!

IPHIGÉNIE

Non, pas ainsi, mon roi ! je ne te quitterai |>as meconlcnt, et sans recevoir ta bénédiction. Ne nous bannis point! qu'un droit d'hospitalité amicale règne entre nous; alors nous ne serons point séparés pour toujours. Tu m'es cher- et piécieux comme l'était mon père, et celte impression ne s'elîacera pas de mon âme. Si le moindi e de tes sujets rapporte jamais à mon oreille l'accent que j'ai coutume d'enlendre parmi vous; si je vois un infoituné porter le vêtement de votre nation, je veux l'accueillir comme un dieu, lui préparer moimême une couche, le })lacer sur un siège auprès du feu et ne l'interroger que sur toi et sur ton sort. Ah ! que les dieux ac

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