‹ Théatre de GoetheChapitre 60 sur 382 · ACTE I · texte numérisé non relu

ACTE I

MACHIAVELt,

Comment?

MARGUEBITE.

Comme à l'ortlinaire, par son iiisouciance et sa léfièrefé. Je reçus la terrible nouvelle au moment où je sortais de l'église, accompagnée de lui et de beaucoup d'autres. Je ne pus. contenir ma douleur : je me plaignis hautement, et m'écriai en me tournant vers lui : « Voyez ce qui se passe dans votre province! Et vous le permettez, comte, vous de qui le roi s'était tout promis? »

MACHIAVELL.

Et que répondit-il?

Comme s'il s'agissait d'iuie bagatelle, d'un rien : « Plût au ciel, dit-il, que les Pays-Bas lussent tranquilles sur leurs droits! le reste s'arrangerait tout seul. »

MACHIAVELL.

Peut-èlre ce qu'il a dit est -il plus vrai que sage et que respectueux. En effet, comment vtuton que la confiance lègue, tant que le citoyen îles Pays-Bas verra qu'il s'agit moins de son bonlieur et du salut de son âme que de ses richesses? Les nouveaux évèques n'ont-ils pas mangé plus de gras bénéfices qu'ils n'ont sauvé d'àmes? et ne sont-ils pas pour la plupart étiangers? A présent que toub '*'c gouvernements sont encore aux mains des nationaux, les Espagnols ne laissent-ils pas trop clairement paraître qu'ils sont dévdrés d'un désir irrésistible de s'emparer de ces places? Et un peuple n'ainie-t-il pas mieux être gouverné à sa manière par les siens, que par des étrangers qui ne viennent dans le pays ipie pour sVnricbir aux dépens de tous, qui apportent avec eux des principes étrangers, et gouvernent sans bienveillance et sans équité!

MARGUERITE

Tu te ranges du côté de nos advei'saires.

MACHIAVELL.

Non pas de cœur, et je voudrais que ma raison pût être entièrement du nôtre.

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