‹ Théatre de GoetheChapitre 61 sur 382 · EG5I0>-T · texte numérisé non relu

EG5I0>-T

MARGUF.RITE,

De sorte que, selon foi, je n'aurais rien de mieux à faire qu'à leur céder mon gouvernement; car Egmont et Orange se promettent bien celle place. Autrefois ils étaient rivaux: mainlenant ils font ciuse commune contre moi; ils sont devenus amis, amis inséparables.

ÎIACUIAVELL.

Deux hommes dangereux.

MARGDERITE.

Faut-il parler nettement? Je crains Orange, et je crains pour Egmoiit. Orange ne médite rien de bon; sa pensée porte loin, il est mystérieux, fait semblant de consentir à tout, ne contrcd t jamais, et, avec l'apparence du plus profond respect et une prutlence sans égale, il finit toujours par faire ce qui lui plaît.

MACHIAVELL.

Egmont, tout au contraire, marche d'un pas libre, comme si le monde lui appartenait.

ÎIARGUERITE.

Il porte la tète haute, comme si la main toute-puissante du

roi n'était pas étendue sur elle.

MACHIAVELL,

Les yeux du peuple sont fixés sur lui; tous les cœurs lui

appartiennent.

MAF.GDERITE.

Jamais il n'a pris la peine d'écarter les soupçons, comme s'il n'avait de compte à rendre à personne. Jl continue de porter le nom d'Egmoat, comme s'il craignait de s'entendre appeler comte cV Egmont, il prend plaisir à oublier que ses ancêtres ont régné sur la Gueldre, Pourquoi ne prend-il pas son titre de prince de Gavre? pourquoi cette obstination? Veut-il faire revivre des droits éteints?

MACniAVELL.

Oh! je le crois un lidèle sujet du roi.

ilAr.GUHRITE.

Il ne tiendrait qu'à lui d'acqm'i ir des droits à la recon* naissance du gcuvcrncment, tandis que, sans utilité pour luif

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