ACTE
ce qu'elle me prend au mot et me laisse partir. — M.illieureux ! et le ^ort de ton pays ne te touche pas ! ce timiulte croissant te trouve indifférent ! Le compatriote et l'Esiia^^nol, l'oppresseur et l'opprimé sont tout un pour toi !... A l'école, j'étais pourlaiit tout autre ! Qumid ou me donnait une composition à faire : « Discours de Bi utus pour la lilterlé, exercice d'éloquence, » Fritz était toujours le premier; et le régent disait : « Ce serait bien s'il y avait plus de méthode, et que tout ne fût pas jeté pêle-mêle. » C'est alors que je me sentais bouillir! — Mainlenant, je rampe lâchement devant une jeune fdle... Je ne peux donc pas m'en détacher ! elle ne peut donc pas m'aimer ! Ah!... non... elle... elle ne peut pasm'avoir tout à fait repoussé... pas tout à fait... un peu, ce n est rien ! non, je ne puis l'endurer plus longtemps ! — Serait-ce vrai , ce qu'un ami me disait dernièrement à l'oreille, que, vers la nuit tombante, elle reçoit un homme en secret, après m'avoir modestement congédié avant le soir, comme elle fait toujours?... Non, c'est un mensonge, un infàme mensonge ! une calomnie ! Claerclien est aussi innocente que je suis malheureux. Elle m'a repoussé, elle m'a banni de son cœur... Et je dois continuer de vivre ainsi? non, non, je ne puis l'endurer ! — Déjà mon pays est agité de querelles inteslines, le tumulte est autour de moi, et je m'éteins dans l'inaclion! C'est trop souffrir... Mais, lorsque j'entends le son de la trompette ou la décharge d'nne arme à feu, cela me traverse les os, sans que j'y trouve le moindre charme, sans que l'envie me vienne de prendre aussi les armes, de défendre ma patrie, de mélancer! Misérable, lùneste éiat!... Mieux vaut finir d'un seul coup. — H y a q'ielques jours, je me suis jeté à l'eau : j'enfonçais déjà, mais la nature aux abois fut plus forte que ma volonté; je sentis que je pouvais nager, et me sauvai malgré moi. — Si je pouvais oublier les ttmus où elle m'aimait... où elle semblait m'aimer!... Pourquoi donc m'a-t-il pénétré jvisqu'à la moelle, ce tDOnheur ? pourquoi ces. espérances ont-elles absorbé tout mon goût pour la vie, en me montrant de loin un paradis? — Et ce premier baiser ! cet unique baiser ! — C'est ici (mettant la u. a
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main sur la labic), ici même... uoiis élioiis seuls... Elle avait toujours été bonne et aimable pour moi; alors elle parut s'alleiulrir... elle jeta sur moi un regard ! jeu fus enivré, et jo sentis ses lèvres sur les miennes .. et... et maintenant?... Meurs, malheureux! qu'attends-tu? (il sori de sa poche une fiole.) Je ne veux p.is l'avoir tiré pour rien de l'armoire de mon frère, poison sauveur ! — Ces ani^oisses, ce vertige, cette sueur mortelle, tu m'en alfranchiras d un seul trait !