‹ Théatre de GoetheChapitre 77 sur 382 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

EGMONT

Vous trouverez toute protection; des mesures sont prises pour résister énergiquement au mal. Tenez ferme contre les doctrines étrangères, et ne croyez pas que la rébellion soitun moyen d'afrermir vos privilèges. Uestez chez vous, et empê* chez-les de s'attrouper dans les rues. Les gens raisonnablei peuvent beaucoup.

Déjà le gros de l'attroupement s'est dissipé. LE CHARPIiNTIER,

Mille grâces à Votre Excellence! mille grâces pour la bonne opinion qu'elle a de nous! Tout cq qui dépend de nous... (Egmont sort.) Gracicux Seigneur ! vrai noble des Pays- Bas ! rien d'espagnol !

JETTEB.

Si nous l'avions pour gouverneur ! On aime à lui obéir.

SŒST.

Le roi s'en gardera bien ! il donne toujours la place à ses créatures.

JETTER

As-tu vu son habit? il est à la nouvelle mode, coupé à

l'espagnole.

LE CHARPBMIER.

Le bel homme !

JETTER

Et ce cou ! quel bon gibier de bourreau !

SŒST.

Es-tu fou ? quelle idée !

JETTER

Oui, c'est un malheur d'avoir une idée pareille; mais je suis comme ça, moi; quand je vois un beau long cou, il faut, bon gré mal gré, que je pense: En voilà un qui serait bon à couper. — Les maudites exécutions ! on ne se les ôte pas de l'esprit. Lorsque je vois des jeunes gens au bain et que j'aperçois un dos nu, aussitôt me reviennent par douzaines tous ceux que j'ai vu battre de verges. Si mes yeux tombent sur un gros veniie, il me semble déjà le voir griller au poteau. La nuit, en rêve, je sens des pincements dans tous les mem-

9C EGMONT

h\Q<. On n'a plus un instant de bien-êlre. Quant à moi, j'aniai bieniôl onldic ce que c'est que gaieté et bonne hunieiM-; ces imairch épouvantables me sont imprimées sur le Iront connue avec un l'er diaud.

LA DEMCDRE D EGMONT.

fUCHÂRD, à une table, devant des papiers; il se lève plein d'agitadOB, RICHARD.

Il ne vient toujours pas! et voici deux heures que j'attends la plume à la main, les papiers devant moi. Et justement aujourd'hui que j'aimerais tant à être libre de bonne heure! Les pieds me brûlent: je ne me possède pas d'impatience. Sois exacte l'heure, m'a-t-il dit en parlant; et il n'arrive pas ! Il y a tant à faire que je ne serai pas libre avant minuit... 11 Tant être ju^te, il a pour vous dus altcnlions, de l'indulgence. Mais j'aimerais cent fois mieux (ju'il fût sévère et vous laissai aller à l'heure précise: on saurait au moins sur quoi compter. — Voilà. plus de deux heures qu'il est sorti de chez la gouvernante. Dieu sait à qui il se sera accroché en lonle!

Entre Egmont.

EGUONT.

Eh bien?

RICHARD

Je suis prêl, il y a li'ois messagers qui attendent.

EGMOINT.

Tu trouves peut-être que je suis resté trop longtemps? tu ss l'air contrarié.

RICHARD

Pour me conformer à vos ordres, il y a fort iongiemps quô l'attends. Voici les papiers !

EGHONT.

ûona Elvire m'en voudra si elle apprend que je i ai relenu.

RICHARD

Vous plaisantez.

EGMONt.

Non, non, il n'y a pis là de cpioi rougir : ce^\ une preiive

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