ACTE II
de ton bon goût ! elle est belle ; et puis je suis bien aise que tu aies uue amie au cliàteau. — Que disent les lettres?
RICHARD
Beaucoup detlio-^es, et rien de fort gai.
EGMOKT.
Tant mieux donc que nous ayons la gaieté chez nous, et que nous n'ayons pas besoin de la l'aire venir d'ailleurs ! Yat-il bien desallairesp
RICHARD
AssbZ. Il y a trois messagers qui attendent.
EGMOiNT.
Allons! au plus pressé.
RICHARD
Tout est pressé.
EGMOXT.
Une chose aprîs l'antre; et vite!
RICHARD
Le capitaine Bieda envoie le rapport de ce qui s'est passé à Gand et aux environs. Les désordres sont presque partout apaisés...
EGMONT
Il parle sans doute de quelques nouveaux coups de tète, de quelques désordres isolés !
RICHARD
Oui, il y en a eu plus d'un.
EGMOKT.
Epargne-les-moi.
RICHARD
On en a encore emprisonné six, qui ont brisé l'image de la Vierge près de Wtr \ ick. 11 demande s'il doit les faire pendre comme les autres.
EGMONT
Je suis las de p iidaisons. Qu'on les fouette, et qu'ils s'en retournent chez eux.
RICHARD
Il se trouve dans le nombre deux femmes : doit-il aussi les
faire fouetter?
rd EGMONT.
KGMONT.
Il n'a qii à les admonester i-évèrement et les relâcher après.
RICHARD
Brinck, de la compngnie de Biida, veut se marier. Le capitaine espère que vous le lui refuserez. « 11 y a, dit-il, tant de femmes à la caserne, que si nous nous mettons en campagne, ce sera moins une marche de soldats qu'un attirail de Bohémiens. »
EGMONT
Passe encore pour celui-ci ! c'est un heau jeune homme : il ru'cn fit à moi-même mille instances avant mon départ. Mais dorénavant qu'on ne l'accorde à personne... Quoique je réglette fort de refuser à ces pauvres diables, si tourmentés d'ailleurs, leur passe-temps le plus doux.
RICHARD
Deux de voi gens, Seter et Hart, ont fait violence à une fille d'auberge. Ils ont profité d'un moment où elle était seule, et elle n'a pu leur échapper.
EGMONT
Si c'est une honnête fille, et qu'ils aient usé de violence, dis-hii qu'il les fasse passer par les verges trois jours de suite; et, dans le cas oij ils posséderaient quelque chose, qu'il en prélève de quoi iburnir une dot à la jeune fille.
RICHARD
On a siu'pris un des prédicateurs étrangers passant fuitivement à Comines. Il assure que son intention était d'aller en France. D'après l'ordre il doit être décapité.
EGMONT
Qu'ils le fassent sans bruit conduire aux frontières, en lui déclarant qu'on ne lui fera pas grâce deux fois.
RICHARD
Une lettre de votre intendant. Il mande « qu'il lui rentre peu d'argent, qu'il ne voit tjuère la po^^sibililé de vous envoyer dans le courant de la semaine la somme demandée, que l 'insurrection a mis partout la plus grande confusion. »