‹ Théatre de GoetheChapitre 83 sur 382 · EGMONT · texte numérisé non relu

EGMONT

EGMOHT.

Que de gens redoutent cela, et depuis combien de temps! 11 n'y a pas la moindre inqniétnde à avoir de ce côté là.

Or.ANGE.

Oui, c'était autrefois, une simple inquiétude; mais peu àÉ peu celte inquiétude s'est changée pour moi en conjecture, enfin en certitude.

EOMOiM.

Le roi a-t-il des serviteurs plus fidèles que nous .

OISAINGE.

Nous le servons à notre manière; et, entre nous soit dit, ji avouons que nous savons fort bien mettre en balance les intérêts du roi et les nôtres.

EGMONT

Eh! qui ne le fait? Nous lui sommes soumis et dévoués dans tout ce qui lui appartient.

OBAUGE.

Mais s'il s'arrogeait plus que nous lui donnons, et qu'il appelât trahison ce que nous appelons, nous, tenir à nos droits?

EGMONT

Nous pourrions nous défendre : qu'il assemble les chevaliers de la Toison, et qu'on nous juge.

ORANGE

Et que serait un jugement avant l'enquête? une condamnation avant le jugement?

EGMONT

Une injustice dont Philippe ne se rendra jamais coupable, une sottise que je n'imputerai ni à lui ni à ses conseillers.

ORANGE

Et s'ils étaient injustes et sots ?

EGMONT

Non, Orange, ce n'est pas possible. Qui oserait porter la main sur nous? — Nous mettre en prison serait une entreprise vaine et sans profit. Non, non, ils n'osent pas lever si haut l'étendard de la tyrannie; le coup de vent qui apporterait dans le pays cette nouvelle allumerait un horrible incen

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