‹ Théatre de GoetheChapitre 84 sur 382 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

die. Et où voudraient-ils en venir? Le roi ne peut pas juger et condamner tout seul. Voudraient-ils nous faire péiir en Assassins .' Non, ils ne peuvent pas le vouloir. Au même instant une ligue terrible se fornit-rait dans le peu|ile : haine et guerre éternelle au nom espagnol, voilà le cri q)ii écLtiuail.

ORANC.E.

Oui, l'incendie s'allumerait sur notre tombe, le sang coulerait en un vain sacrifice expiatoire. Pensons-y bien, Egmont,

Mais comment s'y preuilraient-ils?

ORAKGË.

Albe est en chemin.

Je ne le crois pas.

Je le sais.

EGMONT

ORANGE

EGMONT

La gouvernante assurait ne rien savoir,

ORANGE

J'en suis d'autant plus persuadé. La gouvernante lui cédera la place. Je connais son humeur sanguinaire, et il amène une armée.

EGMONT

Pour écraser derechef les provinces! Le peuple en sera plus mutin.

ORANGE

On commencera par s'assurer des chefs.

EGMONT

Non ! non !

ORANGE

Retouinons rbacun dans notre province; nous nous y re^ rancheroiis. Il ne débutera pas par la violence ouverte.

Ne devons-nous point le saluer à son arrivée?

ORANGE

Nous remettons cela.

108 EGMOXÏ.

EGMOM.

Et s'il nous mande d'y assister au nom du roi?

ORANGE

Nous cherchons des défaites.

EGMOST.

Et s'il insiste.

ORANGE

Nous nous excusons.

EGMONT

Et s'il revient à la charge?

ORANGE

Raison de plus pour ne pas aller,

EGMONT

Fa la guerre est déclarée, et noui sommes des rebelles! Orange, ne le laisse pas séduire par la prudence ; car pour la crainte, je sais qu'elle ne peut rien sur toi. Songe à cette démarche.

ORANGE

J'y ai songé.

Songe que, si tu le Iromi^es, tu te charges du crime d'avolî excilé la plus épouvantable guerre qui ail jamais désolé un pays ; songe que ton refus est le signal qui appelle aux armes toutes les provinces et légitime toutes les cruautés pour lesquelles les Espagnols n'attendent depuis longtemps qu'un prétexte. Ce que nos efforts ont toujours tendu à calmer, tu vas le rallumer d'un signe, et en faire naître la plus horrible falastropbe. Sunge aux villes, songe à la noblesse, au peuple, à l'industrie, à l'agriculture, au commerce! Songe aux dévastations, aux meurtres!... —Sur le champ de bataille, le soldat voit d'un œil tranquille son camarade tomber à ses côtes; mais toi, quand les fleuves t'amrneiont les cadavres des bourgeois, des enfants, des jeunes filles, ne t'arrètcras-tu pas avec liorreur? croiras-tu encore avoir servi leur cause alors qu'ils ne seront plus, ceux pour ([ui tu am-as pris les rmes; et quelle honle pour toi s'il te lallail dn-e alors . C'est pour ma sûreté personnelle que je !i.s :.i prises!

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