‹ Théàtre de Jean RacineChapitre 202 sur 211 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

MONIME, PHŒDIME.

Phœdime.

Madame, où courez-vous? Quels aveugles transports Vous font tenter sur vous de criminels efforts ? Hé quoy ! vous avez pu, trop cruelle à vous-même, Faire un affreux lien d'un sacré diadème?

Ah! ne voyez-vous pas que les dieux, plus humains, Ont eux-mêmes rompu ce bandeau dans vos mains?

Hé ! par quelle fureur obstinée à me suivre, Toy-même malgré moy veux-tu me faire vivre ?

Xipharés ne vit plus. Le roy, désespéré, Luy-même n'attend plus qu'un trépas assuré.

Quel fruit te promets-tu de ta coupable audace ? Perfide, prétens-tu me livrer à Pharnace ?

Phœdime.

Ah ! du moins attendez qu'un fidelle rapport De son malheureux frère ait confirmé la mort. Dans la confusion que nous venons d'entendre, Les yeux peuvent-ils pas aisément se méprendre ?

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