‹ Théàtre de Jean RacineChapitre 97 sur 211 · ACTE III, SCENE DERNIERE · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE DERNIERE

De plus de vingt procès cecy sera la source.

On a la fille, soit : on n'aura pas la bourse.

Leandre.

Hé ! Monsieur, qui vous dit qu'on vous demande rien ? Laissez-nous vostre fille, et gardez vostre bien.

Ah!

Leandre.

Mon père, estes-vous content de l'audiance?

Dandin.

Ouy-dà. Que les procès viennent en abondance, Et je passe avec vous le reste de mes jours.

Mais que les avocats soient désormais plus courts. Et nostre criminel?

Leandre.

Ne parlons que de joye; Grâce, grâce, mon père.

Dandin.

Hé bien, qu'on le renvoyé.

C'est en vostre faveur, ma bru, ce que j'en fais. Allons nous délasser à voir d'autres procès.

FIN

TRAGEDIE

» ultan Amurat, ou Sultan Morat, empereur ^ -—s

) des Turcs, celuy qui prit Bab^onjgen i638, /S*i *, &*«+'. ) a eu quatre frères. Le premier, c'est à sçavoir /

f Osman, fut empereur avant Iuy, et régna f environ trois ans, au bout desquels les janissaires Iuy osterent l'empire et la vie. Le second se nommoit Orcan: Amurat, dés les premiers jours de son règne, le fit étrangler. Le troisième estoit Bajazet, prince de grande espérance, et c'est Iuy qui est le héros de ma tragédie. Amurat, ou par politique ou par amitié, l'avoit épargné jusqu'au siège de Babylone. Après la prise de cette ville, le sultan victorieux envoya un ordre à Constantinople pour le faire mourir, ce qui fut conduit et exécuté à peu prés de la manière que je le représente. Amurat avoit encore un frère, qui fut depuis le sultan Ibrahim, et que ce même Amurat négligea comme un prince stupide qui ne Iuy donnoit point d'ombrage. Sultan Mahomet, qui règne aujourd'huy, est fils de cet Ibrahim, et par conséquent neveu de Bajazet. Les particularités de la mort de Bajazet ne sont encore dans aucune histoire imprimée. Monsieur le comte de Cézy estoit ambassadeur à Constantinople lors que cette avanture tragique arriva dans le serrait . Il fut instruit des amours de Bajazet et des jalousies de la sultane. Il vit mesme plusieurs fois Bajazet, à qui on permettoit de se promener quelquefois à la pointe du serrail sur le canal de la Mer noire. Monsieur le comte de Cézy disoit que c'estoit un prince de bonne mine. Il a écrit depuis les circonstances de sa mort ; et il y a encore plusieurs personnes de qualité qui se souviennent

i52 PREFACE

de luy en avoir entendu faire le récit lors qu'il fut de retour en France.

Quelques lecteurs pourront s'estonner qu'on ait osé mettre sur la scène une histoire si rec dans les règles du poëme drama de mon entreprise. A 4a vérité, auteur de prendre pour sujet d' moderne que celle-cy, si elle s' il veut faire represepter sa tragé sur le théâtre qui auraient est< spectateurs. Les personnages trs d'un autre œil que nous ne re -*. sonnages que nous avons vjji de respect que l'on a pour les herc s'éloignent de nous : Major t > gnement des païs repare en qi proximité des temps. Carie pei rence entre ce qui est, si j'ose ; luy, et ce qui en est à mille li< exemple, que les personnages ti . / v #-i» soient, ont de la dignité sur ne de bonne heure comme anciens coutumes toutes différentes. No> avec les princes et les autres p

serrail que nous les considérons, pour ainsi dire, comme des gens qui vivent dans un autre siècle que le nostre.

C'estoit à peu prés de cette manière que les Persans estoient anciennement considérez des Athéniens. Aussi le poète Eschyle ne fit point de difficulté d'introduire dans une tragédie la mère de Xerxés, ■ qui estoit peut-estre encore vivante, et de faire représenter sur le théâtre d'Athènes la désolation de la cour de Perse après la déroute de ce prince. Cependant ce mesme Eschyle s'estoit trouvé en personne à la bataille de Salamine, où Xerxés avoit esté vaincu, et il s'estoit trouvé encore à la défaite des lieutenans de Darius, père de Xerxés, dans la plaine de Marathon : car Eschyle estoit homme de guerre, et il estoit frère de ce fameux Cynegire dont il est tant parlé dans l'antiquité, et qui mourut si courageusement en attaquant un des vaisseaux du roy de Perse.

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ACTEURS

BAJAZET, frère du sultan Amurat.

ROXANE, sultane, favorite du sultan Amurat.

ATALIDE, fille du sang ottoman.

ACOMAT, grand visir.

OSMIN, confident du grand visir.

ZATIME, esclave de la sultane.

ZAÏRE, esclave d'Atalide.

La scène est à Constantinople, autrement dite Bysance, dans le serrait du Grand Seigneur

TRAGEDIE

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