‹ Théâtre de Jean Racine, pubChapitre 185 sur 225 · ACTE II, SCENE VI zfç · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE VI zfç

Qu'est devenu ce cœur qui me juroit toujours

De faire à Néron mesme envier nos amours?

Mais bannissez, Madame, une inutile crainte:

La foy dans tous les cœurs n'est pas encore esteinte:

Chacun semble des yeux approuver mon couroux ;

La mère de Néron se déclare pour nous.

Rome, de sa conduite elle-même offensée...

JUNIE

Ah ! Seigneur! vous parlez contre vôtre pensée. Vous-même vous m'avez avoué mille fois Que Rome le loûoit d'une commune voix.

Toujours à sa vertu vous rendiez quelque hommage. Sans doute la douleur vous dicce ce langage.

Britannîcus.

Ce discours me surprend, il le faut avouer. Je ne vous cherchois pas pour l'entendre loiier. Quoy ! pour vous confier la douleur qui m'accable A peine je dérobe un moment favorable, Et ce moment si cher, Madame, est consumé A louer l'ennemi dont je suis opprimé ! Qui vous rend à vous-même, en un jour, si contraire."' Quoy ! même vos regards ont appris à se taire? Que vois-je? Vous craignez de rencontrer mes yeuxî Néron vous plairoit-il ? vous serois-je odieux ? Ah ! si je le croiois... Au nom des dieux. Madame, Eclaircissez le trouble où vous jettez mon ame . Parlez. Ne suis-je plus dans vôtre souvenir ? .

JUNIE

Retirez-vous, Seigneur, l'empereur va venir.

Britannicus.

Après ce coup, Narcisse, à qui dois-je m'attendrer

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