ACTE III, SCENE III
Appuyé de Seneque et du tribun Burihus, Qui, tous deux de l'exil rappeliez par moy-même, Partagent à mes yeux l'autorité suprême. De nos crimes communs je veux qu'on soit instruit- On sçaura les chemins par où je l'ay conduit. Pour rendre sa puissance et la vostre odieuses, J'avoûray les rumeurs les plus injurieuses; Je confesseray tout, exils, assassinats, Poison même...
Madame, ils ne vous croiront pas :
Ils sçauront reciîser l'injuste stratagème D'un témoin irrité qui s'accuse luy-même. Pour moy, qui le premier secondai vos desseins, Qui fis même jurer l'armée entre ses mains, Je ne me repens point de ce zele sincère. Madame, c'est un fils qui succède à son père. En adoptant Néron, Claudius, par son choix. De son fils et du vostre a confondu les droits. Rome l'a pu choisir. Ainsi, sans estre injuste. Elle choisit Tibère, adopté par Auguste, Et le jeune Agrippa, de son sang descendu, Se vit exclus du rang vainement prétendu. Sur tant de fondemens sa puissance établie Par vous-même aujourd'huy ne peut estre afîoiblie, Et, s'il m'écoute encor. Madame, sa bonté Vous en fera bientôt perdre la volonté. J'ay commencé, je vais poursuivre mon ouvrage.