ACTE IV, SCENE III
Et, plaignant les malheurs attachez à l'empire : « Je voudrois, disiez-vous, ne sçavoir pas écrire. » Non, ou vous me croirez, ou bien de ce malheur Ma mort m'épargnera la veuë et la douleur. On ne me verra point survivre à vostre gloire, Si vous allez commettre une action si noire.
(// 5e jette à genoux.) Me voila prest, Seigneur : avant que de partir, Faites percer ce cœur qui n'y peut consentir. Appeliez les cruels qui vous l'ont inspirée ; Qu'ils viennent essayer leur main mal assurée. Mais je voy que mes pleurs touchent mon empereur, Je voy que sa vertu frémit de leur fureur. Ne perdez point de temps, nommez-moy les perfides Qui vous osent donner ces conseils parricides.
Appeliez vostre frère, oubliez dans ses bras
Ah ! que demandez-vous ?
BURRHUS
Non, il ne vous hait pas, Seigneur; on le trahit; je sçay son innocence; Je vous répons pour luy de son obeïssance. J'y cours. Je vais presser un entretien si doux.
Néron.
Dans mon appartement qu'il m'attende avec vous.