‹ Théâtre de Jean Racine, pubChapitre 208 sur 225 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

NERON, NARCISSE

Narcisse.

Seigneur, j'ay tout préveu pour une mort si juste . Le poison est tout prest. La fameuse Locuste A redoublé pour moy ses soins officieux : Elle a fait expirer un esclave à mes yeux; Et le fer est moins prompt, pour trancher une vie, Que le nouveau poison que sa main me confie,

Néron.

Narcisse, c'est assez; je reconnoy ce soin, Et ne souhaitte pas que vous alliez plus loin.

Narcisse.

Quoy ! pour Britannicus vostre haine atîoiblie Me défend...

Néron.

Ouy, Narcisse, on nous reconcilie.

Narcisse.

Je me garderay bien de vous en détourner, Seigneur ; mais il s'est vu tantost emprisonner : Cette offence en son cœur sera long-temps nouvel'e 11 n'est point de secrets que ie temps ne leve/e .- Il sçaura que ma main luy devoit présenter Un poison que vostre ordre avoit fait apprester. Les dieux de ce dessein puissent-ils le distraire! Mais peut-estre il fera ce que vous n'osez faire.

Néron.

On répond de son cœur, et je vaincray le mien.

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