‹ Théâtre de Jean Racine, pubChapitre 22 sur 225 · JOCASTE, ANTIGONE, ETEOCLE, OLYMPE · texte numérisé non relu

JOCASTE, ANTIGONE, ETEOCLE, OLYMPE

Jocaste.

Olympe, soûliens-moi, ma douleur est extrême.

Eteocle.

Madame, qu'avez-vous ? et quel trouble. . .

Jocaste.

Ah ! mon fils.

Quelles traces de sang voi-je sur vos habits? Est-ce du sang d'un frère, ou n'est-ce point du vostiC?

8 LATHEBAIDE

Eteocle.

Non, Madame, ce n'est ni de l'un ni de l'autre. Dans son camp jusqu'ici Polinice arresté Pour combattre à mes yeux ne s'est point présenté. D'Argiens seulement une troupe hardie M'a voulu de nos murs disputer la sortie. J'ai fait mordre la poudre à ces audacieux, Et leur sang est celuy cjui paroist à vos yeux.

JOCASTE

Mais cjue prétendiez-vous? et quelle ardeur soudaine Vous a fait tout à coup descendre dans la plaine ?

Eteocle.

Madame, il estoit temps que j'en usasse ainsy, Et je perdois ma gloire à demeurer icy. Le peuple, à qui la faim se faisoit déjà craindre, De mon peu de vigueur commençoit à se plaindre, Me reprochant déjà qu'il m'avoit couronné, Et que j'occupois mal \e rang qu'il m'a donné. 11 le faut satisfaire, et, quoy qu'il en arrive, Thebes dés aujourd'huy ne sera plus captive; .le veux, en n'y laissant aucun de mes soldats, Qu'elle soit seulement juge de nos combats: J'ay des forces assez pour tenir la campagne, Et, si quelque bonheur nos armes accompagne, L'insolent Polinice et ses fiers alliez Laisseront Thebes libre, ou mourront à mes piez.

JoCASTE.

Vous pourriez d'un tel sang, ô Ciel î souiller vos armes? La couronne pour vous a-t-elle tant de charmes? Si par un parricide il la falloit gagner. Ah! mon fils, à ce prix voudriez-vous régner? Mais il ne tient qu'à vous, si l'honneur vous anime,

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