JOCASTE, ANTIGONE, ETEOCLE, OLYMPE
Jocaste.
Olympe, soûliens-moi, ma douleur est extrême.
Eteocle.
Madame, qu'avez-vous ? et quel trouble. . .
Jocaste.
Ah ! mon fils.
Quelles traces de sang voi-je sur vos habits? Est-ce du sang d'un frère, ou n'est-ce point du vostiC?
8 LATHEBAIDE
Eteocle.
Non, Madame, ce n'est ni de l'un ni de l'autre. Dans son camp jusqu'ici Polinice arresté Pour combattre à mes yeux ne s'est point présenté. D'Argiens seulement une troupe hardie M'a voulu de nos murs disputer la sortie. J'ai fait mordre la poudre à ces audacieux, Et leur sang est celuy cjui paroist à vos yeux.
JOCASTE
Mais cjue prétendiez-vous? et quelle ardeur soudaine Vous a fait tout à coup descendre dans la plaine ?
Eteocle.
Madame, il estoit temps que j'en usasse ainsy, Et je perdois ma gloire à demeurer icy. Le peuple, à qui la faim se faisoit déjà craindre, De mon peu de vigueur commençoit à se plaindre, Me reprochant déjà qu'il m'avoit couronné, Et que j'occupois mal \e rang qu'il m'a donné. 11 le faut satisfaire, et, quoy qu'il en arrive, Thebes dés aujourd'huy ne sera plus captive; .le veux, en n'y laissant aucun de mes soldats, Qu'elle soit seulement juge de nos combats: J'ay des forces assez pour tenir la campagne, Et, si quelque bonheur nos armes accompagne, L'insolent Polinice et ses fiers alliez Laisseront Thebes libre, ou mourront à mes piez.
JoCASTE.
Vous pourriez d'un tel sang, ô Ciel î souiller vos armes? La couronne pour vous a-t-elle tant de charmes? Si par un parricide il la falloit gagner. Ah! mon fils, à ce prix voudriez-vous régner? Mais il ne tient qu'à vous, si l'honneur vous anime,