ACTE I, SCENE III il
Mais, si tant de malheurs vous touchent de pitié, Si pour moy vostre cœur garde quelque amitié, Et si vous prenez soin de vostre gloire même, Associez un frère à cet honneur suprême. Ce n'est qu'un vain éclat qu'il recevra de vous, Vostre règne en sera plus puissant et plus doux. Les peuDleSj admirant cette vertu sublime, Voudront toujours pour prince un roy si magnanime. Et cet illustre effort, loin d'affoiblir vos droits. Vous rendra le plus juste et le plus grand des rois. Ou , s'il faut que mes vœux vous trouvent inflexible. Si la pPîx à ce prix vous paroist impossible. Et si le diadème a pour vous tant d'attraits. Au moins consolez-moy de quelque heure de paix. Accordez cette grâce aux larmes d'une mère. Et cependant, mon fils, j'iray voir vostre frère; La pitié dans son ame aura peut-estre lieu. Ou du moins pour jamais j'iray luy dire adieu. Dés ce mesme moment permettez que je sorte, J'iray jusqu'à sa tente, et j'iray sans escorte : Par mes justes soupirs j'espère l'émouvoir.
Eteocle.
Madame, sans sortir vous le pouvez revoir; Et, si cette entrevue a pour vous tant de charmes, II ne tienara qu'à luy de suspendre nos armes : Vous pouvez dés cette heure accomplir vos souhaits, Et le faire venir jusques dans ce palais. J'iray plus loin encore, et, pour faire connaistre Qu'il a tort en effet de me nommer un traistre. Et que )e ne suis pas un tyran odieux. Que l'on fasse parler et le peuple et les dieux. Si le peuple y consent, je luy cède ma place.
lî LATHEBAIDE
Mais qu'il se rende enfin si le peuple le chasse. Je ne force personne, et j'engage ma foy De laisser aux Thebains à se choisir un roy.