‹ Théâtre de Jean Racine, pubChapitre 24 sur 225 · LA THE BAI DE · texte numérisé non relu

LA THE BAI DE

L'amour eut peu de part à cet hymen honteux, Et la seule fureur en alluma les feux. Thebes m'a couronné pour éviter ses chaînes, Elle s'attend par moy de voir finir ses peines.

11 la faut accuser si je manque de foy,

Et je suis son captif, je ne suis pas son roy.

JOCASTE

Dites, dites plùtost, cœur ingrat et farouche, Qu'auprès du diadème il n'est rien qui vous touche. Mais je me trompe encor, ce rang ne vous plaist pas» Et le crime tout seul a pour vous des appas. Hé bien ! puis qu'à ce point vous en estes avide. Je vous offre à commettre un double parricide : Versez le sang d'un frère, et, si c'est peu du sien, Je vous invite encore à répandre le mien. Vous n'aurez plus alors d'ennemis à soumettre. D'obstacle 11 surmonter ni de crime à commettre; Et, n'ayant plus au trosne un fâcheux concurrent, De tous les criminels vous serez le plus grand.

Eteocle.

Hé bien, Madame, hé bien, il faut vous satisfaire. Il faut sortir du trosne et couronner mon frère; Il faut, pour seconder vostre injuste projet, De son roy que j'estois devenir son sujet. Et, pour vous élever au comble de la joye, Il faut à sa fureur que je me livre en proye, Il faut par mon trépas...

Joc.^STE.

Ah! Ciel! quelle rigueur!

Que vous pénétrez mal dans le fond de mon cœur.' Je ne demande pas que vous quittiez l'empire. Régnez toujours, mon fils, c'est ce que je désire.

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