ACTE I, SCENE V .y
Antigone.
Et j^ sçay quel sujet vous le rend odieux.
Creon.
L'amour a d'autres yeux que le commun des hommes.
JOCASTE
Vous abusez, Créon, de Testât où nous sommes. Tout vous semble permis, mais craignez mon couroux : Vos libertez enfin retomberoieùt sur vous.
Antigone.
L'interest du public agit peu sur son ame. Et l'amour du païs nous cache une autre flâme. Je la sçav; mais, Créon, j'en abhorre le cours, Et vous ferez bien mieux de la cacher toujours.
Creon.
Je le îeray, Madame, et je veux, par avance. Vous épargner encor jusques à ma présence. Aussi bien mes respects redoublent vos mépris, Et je vais faire place à ce bien-heureux fils. Le roy m'appelle ailleurs, il faut que j'obeïsse. Adieu, faites venir Hémon et Polinice.
JoCASTE.
N'en doute pas, méchant, ils vont venir tous deux; Tous deux ils préviendront tes desseins malheureux-