JOCASTE, ETEOCLE, ANTIGONE, CREON, ATTALE
Attale.
Polinice, Seigneur, demande une entreveuë : C'est ce que d'un héraut nous apprend la venue. Il vous offre. Seigneur, ou de venir ici, Ou d'attendre en son camp.
ACTEIII, SCENE V 39
Creon.
Peut-estre qu'adouci, Il songe à terminer une guerre si lente, Et son ambition n'est plus si violente : Par ce dernier combat il apprend aujourd'huy Que vous estes au moms aussi puissant que luy. Les Grecs mêmes sont las de servir sa colère. Et j'ay sceu depuis peu que le roy son beau-pere. Préférant à la guerre un solide repos, Se reserve Mycene et le fait roy d'Argos. Tout courageux qu'il est, sans doute il ne souhaite Que de faire en effet une honneste retraite. Puis qu'il s'offre à vous voir, croyez qu'il veut la paix. Ce jour la doit conclurre ou la rompre à jamais. Tâchez dans ce dessein de l'affermir vous-même, Et luy promettez tout, hormis le diadème.
Eteocle.
Hormis le diadème, il ne demande rien.
Joe ASIE.
Mais voyez-le du moins.
Creon.
Ouy, puis qu'il le veut bien, Vous ferez plus tout seul que nous ne sçaurions faire, Et le sang reprendra son empire ordinaire.
Eteocle.
Allons donc le chercher.
JOCASTE
Mon fils, au nom des dieux\, Attendez-le plûtost. Voyez-le dans ces lieux.
Eteocle.
Hé bien, Madame hébien, qu'ilvienne,etqu'onluy donne
40 LA THEBAIDE
Toutes les sûretez qu'il faut pour sa personne. Allons.
Antigone.
Ah! si ce jour rend la paix aux Thebains, Elle sera, Créon, l'ouvrage de vos mains.