‹ Théâtre de Jean Racine, pubChapitre 66 sur 225 · CREON, OLYMPE, ATTALE · texte numérisé non relu

CREON, OLYMPE, ATTALE

Olympe.

Qu'attendez-vous, Seigneur? la princesse n'est plus.

Creon.

Elle n'est plus. Olympe?

Olympe.

Ah ! regrets superflus !

Elle n'a fait qu'entrer dans la chambre prochaine, Et du même poignard dont est morte la reine. Sans que je pusse voir son funeste dessein, Cette fiere princesse a percé son beau sein. Elle s'en est. Seigneur, mortellement frappée, Et dans son sang, helas! elle est soudain tombée. Jugez à cet objet ce que j'ay dû sentir. Mais, sa belle ame enfin toute preste à sortir : « Cher Hémon, c'est à toy que je me sacrifie », Dit-elle, et ce moment a terminé sa vie. J'ay senti son beau corps tout froid entre mes bras. Et j'ay cru que mon ame alloit suivre ses pas : Heureuse mille fois si ma douleur mortelle Dans la nuit du tombeau m'eût plongée avec elle!

[Elle s'en va.)

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