‹ Théâtre de Jean Racine, pubChapitre 71 sur 225 · ACTE I, SCENE · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE

Elle se fait un dieu de ce prince charmant.

Et vous doutez encor qu'elle en fasse un amant ?

Taxi LE.

Je tâchois d'en douter, cruelle Cleofile. Helas! dans son erreur affermissez Taxile. Pourquoy luy peignez-vous cet objet odieux? Aidez-le bien plùtost à démentir ses yeux. Dites-luy qu'Axiane est une beauté fiere, Telle à tous les mortels qu'elle est à vostre frère; Flattez de quelque espoir...

Cleofile.

Espérez, j'y consens; Mais n'espérez plus rien de vos soins impuissans. Pourquoy dans les combats chercher une conqueste Qu'à vous livrer luy-même Alexandre s'appreste? Ce n'est pas contre luy qu'il la faut disputer: Porus est l'ennemy qui prétend vous l'ôter. Pour ne vanter que luy, l'injuste renommée Semble oublier les noms du reste de l'armée; Quoy qu'on fasse, luy seul en ravit tout l'éclat, Et comme ses sujets il vous mené au combat. Ah! si ce nom vous plaît, si vous cherchez à l'estre, Les Grecs et les Persans vous enseignent un maistre. Vous trouverez cent rois compagnons de vos fers; Porus y viendra même avec tout l'univers. Mais Alexandre enfin ne vous tend point de chaînes; Il laisse à vôtre front ces marques souveraines Qu'un orgueilleux rival ose icy dédaigner. Porus vous fait servir, il vous fera régner. Au lieu que de Porus vous estes la victime. Vous serez.. = Mais voicy ce rival magnanime. Racine ,1. t i

Taxi LE.

Ah' ma sœur, je me trouble, et mon cœur alarme, En voyant mon rival, me dit qu'il est aimé.

Cleofile.

Le temps vous presse. Adieu. C'est à vous de vous rendre L'esclave de Porus ou l'ami d'Alexandre.

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