‹ Théâtre de Jules Lemaître. - (volume 2)Chapitre 149 sur 228 · II · texte numérisé non relu

II

MARTIGNY

Oui, moi.

CHAMBRA Y

Et si je vous flanquais à la porte?

MARTIGNY

Je vous en défie bien!... Monsieur Chambray, il faut que vous m'entendiez, il le faut. J'ai tant à vous dire... que je ne sais par oîi commencer... Je ne peux pas oublier que vous êtes mon maître et l'oncle de Jeanne; d'autre part, vous avez fait une chose qui montre bien que vous avez encore de l'amitié pour nous... Et je vous en suis reconnaissant... et pourtant j'aurais le droit de m'en plaindre, car c'est très généreux, mais c'est aussi très offensant pour moi... Et, tout de même, il est impossible qu'après cela nous restions brouillés; cela nous ferait, à nous, un rôle trop odieux... que je vous reproche de nous avoir donné, tout en étant touché du sentiment... Enlin. vous voyez bien qu'il faut que nous causions !

Vous trouvez que c'est clair, ce que vous me contez là"?

MARTIGNY

Je vais tâcher de mettre de Tordre... Pourquoi vous étes-vous battu hier à ma place?

CHAMBRAY

Moi?

MARTIGNY

Oui, avec Montaille. Pourquoi est-ce vous qui vous êtes battu"? Cela me revenait de droit. Quelle posture aurais-je si l'histoire était connue? Quelle idée peut avoir de moi ce coquin? De quoi ai-je l'air à mes propres yeux, et peut-être aux vôtres?

D'un ahuri. D'abord, si je me suis battu, qui vous dit

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