ACTE TROISIÈME
que ce soit à cause de vous et à votre place"? Oui vous dit que ce n'est pas pour une alTairc personnelle, ou simplement pour nie distraire?
Mais...
c MA MB RAY.
Avez-vous entendu parler de JMontaille? Avez-vous reçu s^s témoins?
Non.
CHAMI'.RAV.
Vous ne pouvez pourtant pas l'obliger à vous demander raison si ça ne lui plaît pas! D'ailleurs, qui vous prouve qu'il ait à vous demander raison? Il ne sait rien, il ne veut rien savoir, c'est vous-même qui le disiez.
MARTIGNY
Cependant...
CHAMBRAT.
Quant aux remerciements que vous croiriez me devoir si je m'étais, en effet, substitué à vous (ce qui n'est pas), vous en seriez en tout cas dispensé, car je n'ai pas couru l'ombre d'un danger. La réputation d'escrimeur de Montaille était une blague, un truc, comme le reste de son existence, et cela est admirable! Vous-même, qui n'êtes pourtant pas malin, vous vous en seriez tiré comme moi... Alors lichez-moi la paix!
Eh bien non, je ne vous la... donnerai pas. Voyons, monsieur Chambray, quoique vous disiez, et bien que je n'y comprenne pas grand'chose, ce que vous avez fait prouve au moins que vous nous aimez encore un pou. 11 y a eu, c'est vrai, entre nous un malentendu; nous avons tous eu des torts... moi surtout, je le reconnais. Mais, maintenant que chacun de nous sait en
quoi il s'est trompé, est-ce que ça ne peut pas s'arranger, dites? Alors revenez-nous... ou laissez-nous revenir. Vous ne pouvez pas effacer le passé : après ce que vous avez été pour Jeanne et pour moi, après ce que nous avons été pour vous pendant si longtemps, il est absurde que nous restions brouillés, que vous viviez sans Jeanne et sans vos petits-enfants, et que Jeanne vive sans vous!... Je devine ce que vous allez dire : que ce ne serait plus comme avant; qu'il y aciuelque chose de brisé et qui ne se raccommodera plus; que nous serions tous trois gênés, contraints dans nos relations, inquiets sur nos droits respectifs... Eh bien, ça n'est pas vrai! Je vous affirme que, non seulement ce serait comme avant, mais mieux qu'avant... parce que nous savons aujourd'hui par où nous pouvons nous faire souffrir... Tenez, monsieur Chambray, j'ai tant de confiance en vous que je vous dis : — Revenez, et revenez sans conditions. Les choses seront ce que vous voudrez qu'elles soient, et je suis sûr, à présent, qu'elles seront bien, puisque nous sommes tous trois de braves gens et que nous nous aimons bien, au fond... Du moins, Jeanne et moi, nous vous aimons toujours... Ça, vous ne pouvez pas l'empêcher... Allons, monsieur Chambray... allons, mon cher oncle, un bon mouvement!
Pardonnez, e JVenez! (chambray lui tend la main.) Ah!
enfin !
CHAMBRAY
Et Jeanne? Comment prend-elle tout cela?