ACTE PUEMlEIl
qu'ils ne voulaient point dépasser. Ne serait-ce j)as original, mon cher seigneur, de faire ce que nul prince n'a osé jusqu'ici et d'aller jusqu'au bout de votre charité?
IIERM ANN, souriant
Ht de me supprimer moi-mènie?...
FIÎIDA, ingénument.
Oh! non, pas tout de suite. Après... je ne sais pas.
IIERM AN N.
Cela vous est donc tout à fait égal que je sois prince, Frida?
FIUDA.
Non, mon ami. Je suis heureuse, au contraire, que vous soyez puissant, que vous occupiez sur terre la place que les hommes envient et honorent le plus... Mais en même temps... faut-il tout dire?... une chose m'inquiète. Si vous alliez croire que je vous aime parce que vous êtes prince?... Ou bien, si, à mon insu, c'était en effet à cause de cela que je vous aime?... Mais non, je sens que, si je vous aime, c'est parce que, tout en étant prince, vous êtes le meilleur des hommes, et parce qu'il me semble qu'en vous adorant j'ai l'approbation de tous les malheureux.
HERMANN
Ah! petite amie, si je pouvais t'avoir auprès de moi, te voir et t'cntendre toujours, toujours! Écoute : tu es censée m'avoir demandé un congé de trois mois pour aller auprès de ton grand-oncle... Je serai terriblement occupé tous ces temps-ci, mais enfin je' saurai bien, sous prétexte de chasse ou de promenade, t'aller rejoindre quelquefois dans notre ermitage dOrsova... Tu recevras chaque fois ravcrlisscment dont nous sommes convenus. Tu partiras demain. Est-ce dit?
FRIDA
Cest dit... Et Awdotia?
HERMANN
Je fais grâce aux condamnés de la dernière émeute. Ce sera un de mes dons de joyeux avènement.
FRIDA
Merci, mon cher seigneur. Du plus profond de mon cœur, merci.
Elle lui baise la main.
HERM.VNX, voyant entrer Wilhelmine par le fond.
La princesse...