‹ Théâtre de Jules Lemaître. - (volume 2)Chapitre 152 sur 228 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

CHAMBRAT, VANEUSE.

VANEUSE.

Eh bien, mon pauvre vieux?

■ CHAMBRAV.

Eh bien?

VANEUSE.

Tu ne m'en veux pas?

CHAMBRA Y

De quoi?

VANEUSE.

Je ne sais pas. Évidemment je ne suis pour rien dans ce qui est arrivé : je n"en ai même rien su. Mais tu aurais pu te figurer...

CIIAMI5RAV.

Je ne me figure rien, et je te félicite bien sincère ment d'ignorer ce qui se passe chez ta fille. Cette ignorance est ta dernière vertu : conserve-la précieusement.

VANEUSE.

Mon ami, cela m'est d'autant plus aisé que mes enfants ne me jugent pas assez sérieux pour me faire des confidences... Mais enfin, cette affaire avec Montaille... comment c'est-il arrivé? A quel propos? Mon gendre n'a rien voulu me dire. J'ai d'ailleurs refusé de lui servir de témoin.

Tu as bien fait et je t'en remercie.

VANEUSE.

Même quand j'aurais su, je devais bien cela à notre amitié; mais, je te le répète, je ne savais rien... J'ai été très ennuyé... et très surpris; car je t'avoue que, si j'avais pu prévoir une rencontre, ce n'était pas entre Montaille et toi... Avec Martigny, je ne dis pas.

CHAMBRAY

Ton gendre n'avait rien à voir avec Martigny, puisqu'il n'y avait rien.

VANEUSE.

Oh! j'en suis persuadé...

CHAMBRAY

Et c'est parce que monsieur de Montaille, ayant eu

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