ACTE TROISIKME
je (lisais les vieux, tout à l'heure, c'est une concession que je te faisais. C'est à quatre-vingt.; ans qu'on commence à être vieux. Notre âge à nous, c'est l'automne, la saison charmante...
CIIAMBRAV.
Oui, l'âge adorable où l'on découvre l'innocence des trottinsi où les petites bouquetières s'adressent à vous de préférence, où les entremetteuses vous envoient leurs circulaires, ou bien, quand on est honnête, l'Age où l'on épouse sa cuisinière pour n'être pas seul... Pouah !
VANEUSE.
Rah ! Tout ça, c'est vivre, après tout. Essaye, et tu m'en diras des nouvelles.
CHAMlîRAV.
Toi, tu viens de gagner au jeu.
Oui, mon ami, et même pas mal. Mais ce n'est pas ça qui em{)èche ce que je te dis d'être vrai. Et, comme tu es riche, toi, tu n'auras pas besoin d'être heureux au baccara pour voir les choses comme je les vois aujourd'hui. Tu auras tout le temps l'illusion, l'illusion sainte. Tu as d'ailleurs une revanche à prendre. Car tu n'as pas eu de jeunesse, toi, ou presque pas. Tu étais austère et laborieux... A quoi ça t'a-t-il servi?
Probablement à souffrir un peu plus. (Gertrudc lui remet une carte.) C'est déjà ta fdle.
VANEUSE.
Allons, reçois-la, tu me l'as promis.
Chambray t'ait signe que oui à Gcrtruile, qui sort. CHAMBRAY.
Dis-moi... es-tu vraiment inconscient?
VAXELSE.
Inconscient?... Mais, mon ami. si je l'étais, je ne le saurais pas.