ACTE PREMIER
Absolument cl uniquement. Je l'aime pour lui-même, parce qu'il est le plus loyal et le meilleur des hommes, et aussi pour le mal que je lui ai fait. Je l'aime de tout mon repentir, avec un cœur nouveau, et un infini désir de me sacrifier à lui tout entière.
TIIÉKÈSE.
Comme lu dis cela, Suzanne!... Je suis tout émue en t'écoutant.
SUZANNE
Va, je suis bien changée... J'ai plus appris en quelques jours que dans tout le reste de ma vie.
THÉRÈSE
C'est vrai, tu n'es plus du tout la même.
Un silence.
Pourvu qu'il me croie, lui!
THÉRÈSE
Cela dépendra surtout de toi, ma chérie. Je te le répèle, il t'aime encore, quoitju'il s'en défende ; et c'est pour cela que je t'ai fait venir. Je ne dis pas que tu le reprendras sans peine. Les premiers temps seront durs. Sa blessure est si vive encore! Mais l'essentiel est que tu sois là, près de lui, fût-ce un peu malgré lui. Sois bonne, patiente, soumise; et qu'il te sente sincère. Qu'il retrouve en loi, avec plus de sérieux et de réflexion, ce que tu as été pour lui au commencement de votre mariage : et alors le souvenir des jours heureux refoulera lentement les autres souvenirs. Puis, le charme même de ta présence opérera insensiblement sur son esprit... Mais je suis là à te donner des conseils ! Tu sauras bien mieux que moi ce qu'il faut faire. Au fond, les choses de la passion, je m'aperçois que ce n'est pas mon fort, à moi.
Un silence.