ACTE PREMIER
son propre mal? Vous guérirez, riea qu'en vivant et en aimant. Vous êtes jeunes tous deux, et vous pouvez vous faire encore un joli bonheur en raccommodant les morceaux du passé... A quoi pensez-vous?
CxEORGES.
Je pense... que vous êtes la meilleure des amies; que je ne puis rien vous cacher; que vous connaissez foutes mes plaies et le baume qu'il leur faut; enfin que j'ai envie de vous croire et de vous obéir.
THÉRÈSE
L'envie ne suffît pas, monsieur. Que décidez-vous?
GEORGES
Eh bien... écrivez-lui. et faites-lui espérer que peutêtre... dans quelque temps... Mais c'est vous qui l'aurez voulu? Il est bien entendu que l'idée est de vous; que, s'il ne sortait de là que plus de douleur encore, j'aurais le droit de vous maudire?
THÉRÈSE
Oui, mon ami, c'est entendu. (Montrant la porte de droite.)
Vous savez qu'elle est là?
GEORGES
Oui?
THÉRÈSE
Suzanne est là?... Non, non, qu'elle s'en aille! Je ne peux pas encore... c'est trop tôt... je vous jure que je ne peux pas !
THÉRÈSE, ouvrant la porte.
Viens, Suzanne, (a Georges.) A tout à l'heure, mon ami.
Elle sort par la porte du fond.
2u2 LE PARDON.