‹ Théâtre de Jules Lemaître. - (volume 2)Chapitre 210 sur 228 · HÉLÈNE, CLÉOPHILE · texte numérisé non relu

HÉLÈNE, CLÉOPHILE

CLÉOPHILE

Hélène, vous plaît-il qu'avec vous je demeure?

HÉLÈNE

Certes; mais j'avais cru que tu préférerais Suivre ton père et voir le combat de tout près : De spectacles pareils renfancc est curieuse.

CLÉOPHILE

Que d'un autre intérêt j'ai l'àmc soucieuse!

Et que j'aime bien mieux, Hélène au front charmant

Vous tenir compagnie en ce triste moment!

HÉLÈNE

Voilà, cher petit prince, une bonne parole.

CLÉOPHILE

Pour moi c'est une joie et si rare et si folle, Hélène, de rester avec vous, près de vous,

Immobile, comme à présent, à vos genoux!

Et j'en trouve si peu l'occasion! Ma mère

Me rend sur un seul point l'obéissance amère : 3

Elle m'a défendu de vous voir. C'est bien dur.

Mais quelquefois, blotti dans un angle de mur,

Non loin d'ici, je guette; et quand sur la terrasse

Vous venez, un émoi si soudain me terrasse,

Défaillant et les yeux voilés d'une vapeur,

Et pris d'un tel frisson, — comme si j'avais peur, —

Pendant que mon baiser monte vers ton sourire...

Enfin, je suis heureux plus que je ne puis dire.

HÉLÈNE

Mais tu ne sais donc pas, mon cher petit Cleo, Qu'il ne faut pas m'aimer? que je suis le fléau De ta ville, et l'horrible Erinnys de Pergame?

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