‹ Théâtre de Jules Lemaître. - (volume 2)Chapitre 211 sur 228 · C LÉO PII ILE · texte numérisé non relu

C LÉO PII ILE

Je pense là-dessus comme le roi, madame.

Je trouve naturel, logique et bienséant

Que cent mille guerriers se meurtrissent céans,

Et que roulent les chars, et sonnent les armures,

Et se fendent les fronts comme des figues mûres,

Et qu'au champ de carnage, où planent les corbeaux.

Les chevaux effarés rougissent leurs sabots,

Et qu'Ares furieux entrechoque deux mondes —

Pour une femme à l'œil tranquille, aux tresses blondes,

Et qu'enfin cette femme, Hélène, ce soit vous...

De mon frère et de tous les chefs je suis jaloux.

Chaque matin, au jeu de la lance et du glaive

Av'ec mon père Hector je m'exerce, et mon rêve,

C'est qu'un jour, dans la plaine ou du haut du rempart,

Je puisse vous défendre, Hélène, pour ma part...

Hélas! si vous vouliez m'aimer, ô ma déesse!

HELENE

Mais d'une grande sœur j'ai pour toi la tendresse.

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