ACTE PREMIER
CLEOPIIILE.
Si VOUS vouliez m'aimer comme Paris !
HÉLÈNE, le calmant.
Eli! là...
CLEOPIIILE.
Je souffre tant! tant! laiit! Si vous saviez!.
IIELEN E.
Voilà Ou"il pleure maintenant ! Pauvreenfant ! Quel dommage !. C'est ainsi que Paris devait être au même Age. Allons, allons, ne pleure plus. Viens dans mes bras, Cleo : je t'aimerai, là. comme tu voudras.
CLEOPIIILE.
Bien sûr?
HÉLÈNE
Mais oui, mais oui. Je suis bonne personne. Tu vois ?
Sonnerie de trompettes CLÉOPIIILP], changeant subitement de ton.
Chut! Écoutez la trompette qui sonne.
C'est le signal.
Courant vers le bord de la terrasse.
D'ici nous verrons le combat :
Venez !
HÉLÈNE
Je ne pourrai jamais, tant mon co'ur luit. Mais toi, regarde, et dis ce qui se passe.
CLÉOPHILE
Oui, reine.
Voici. Les deux guerriers descendent dans l'arène. En présence des chefs entourant le champ clos, Et brandissent tous deux de pesants javelots.
HÉLÈNE
Ah! que j'ai i)eur!
CLÉOPHILE
Paris, mon oncle, a iière mine.
Il lance le premier sa longue javeline.
HÉLÈNE
Protège mon mari, Jupiter souverain!
CLÉOPHILE
Mais la pointe n'a pu rompre l'orbe d'airain, Carapace qu'un Dieu forgea. Le trait s'émousse Au bouclier qu'ébranle à peine la secousse, Et retombe, inutile, aux pieds de ton époux.
HÉLÈNE, vaguement désappointée.
Ah?
CLÉOPHILE
Ménélas alors, l'œil flambant de courroux. Lance l'épieu sifflant à la pointe acérée.
HÉLÈNE
Protège mon amant, ô Vénus Cythéréel
CLÉOPHILE
Quel coup, dieux immortels! quel coup! Le trait aigu,
De mon oncle Paris a traversé l'écu.
Faussé l'airain de sa cuirasse et, sur sa hanche,
A fait un grand accroc à sa tunique blanche.
HÉLÈNE
Je tremble.
CLÉOPHILE
Mais Paris, d'un souple mouvement, Se détourne, évitant la mort.
HÉLÈNE
Mon cher amant!
CLÉOPHILE
Ménélas tout à coup prend à deux mains son glaive; Puis, comme un bûcheron sa cognée, il l'élève