‹ Théâtre de Jules Lemaître. - (volume 2)Chapitre 212 sur 228 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

CLEOPIIILE.

Si VOUS vouliez m'aimer comme Paris !

HÉLÈNE, le calmant.

Eli! là...

CLEOPIIILE.

Je souffre tant! tant! laiit! Si vous saviez!.

IIELEN E.

Voilà Ou"il pleure maintenant ! Pauvreenfant ! Quel dommage !. C'est ainsi que Paris devait être au même Age. Allons, allons, ne pleure plus. Viens dans mes bras, Cleo : je t'aimerai, là. comme tu voudras.

CLEOPIIILE.

Bien sûr?

HÉLÈNE

Mais oui, mais oui. Je suis bonne personne. Tu vois ?

Sonnerie de trompettes CLÉOPIIILP], changeant subitement de ton.

Chut! Écoutez la trompette qui sonne.

C'est le signal.

Courant vers le bord de la terrasse.

D'ici nous verrons le combat :

Venez !

HÉLÈNE

Je ne pourrai jamais, tant mon co'ur luit. Mais toi, regarde, et dis ce qui se passe.

CLÉOPHILE

Oui, reine.

Voici. Les deux guerriers descendent dans l'arène. En présence des chefs entourant le champ clos, Et brandissent tous deux de pesants javelots.

HÉLÈNE

Ah! que j'ai i)eur!

CLÉOPHILE

Paris, mon oncle, a iière mine.

Il lance le premier sa longue javeline.

HÉLÈNE

Protège mon mari, Jupiter souverain!

CLÉOPHILE

Mais la pointe n'a pu rompre l'orbe d'airain, Carapace qu'un Dieu forgea. Le trait s'émousse Au bouclier qu'ébranle à peine la secousse, Et retombe, inutile, aux pieds de ton époux.

HÉLÈNE, vaguement désappointée.

Ah?

CLÉOPHILE

Ménélas alors, l'œil flambant de courroux. Lance l'épieu sifflant à la pointe acérée.

HÉLÈNE

Protège mon amant, ô Vénus Cythéréel

CLÉOPHILE

Quel coup, dieux immortels! quel coup! Le trait aigu,

De mon oncle Paris a traversé l'écu.

Faussé l'airain de sa cuirasse et, sur sa hanche,

A fait un grand accroc à sa tunique blanche.

HÉLÈNE

Je tremble.

CLÉOPHILE

Mais Paris, d'un souple mouvement, Se détourne, évitant la mort.

HÉLÈNE

Mon cher amant!

CLÉOPHILE

Ménélas tout à coup prend à deux mains son glaive; Puis, comme un bûcheron sa cognée, il l'élève

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