‹ Théâtre de Jules Lemaître. - (volume 2)Chapitre 216 sur 228 · ACTE Pr.EMlEH · texte numérisé non relu

ACTE Pr.EMlEH

PÀIUS.

J'avais bonno volonté, c.crtc.

Pourtant, les chefs troyens semblent mal satisfaits. Sans doute ils attendaient, dun homme à qui tu fais L'honneur de l'accueillir dans tes bras adorables, Des exploits singuliers et des coups mémorables : Ils pensent que je dois, sans trêve bataillant, Aimé de la plus belle, être le plus vaillant... Si je pouvais!... Mais quoi! je n'ai pas la stature De ces brutes, ni leur vaste musculature, Ni leurs énormes mains, ni leur poitrail velu... Je ne puis que mourir : ^'énus n'a pas voulu.

HÉLÈNE

Et Vénus eut raison, ma chère protectrice...

Assurément Énée, et le roi de Larisse

Hippotoos, Chromis, Amphimaque, Anténor,

Le prince de Milet et le roi de Cytor,

Et le noir Asios qu'Arisba nous envoie,

D'autres encor, parmi les alliés de Troie,

Te passent en vaillance, en adresse, en vigueur.

Priam est un vieillard vertueux sans rigueur;

11 est si bon, si bon, que je ne puis m'en taire.

Ton frère Hector est un excellent militaire;

Le prince Cléophile est un enfant exquis...

Mais je t'aime, Paris, plus qu'eux tous. Je naquis

Pour t'aimer seulement, non pour une autre tâche...

Il t'a fait bien du mal, n'est-ce pas? le grand lâche!

Montre... Oh! ce tendre cou si méchamment meurtri!...

Aphrodite pourtant semblait l'avoir pétri

Pour un collier moins rude et pour d'autres morsures...

Laisse que mes baisers en pansent les blessures.

Elle l'installe sur un lit Je repos, au fond de la scène.

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